Avion de combat du futur : l'Allemagne et la France pourraient ne pas respecter la date limite fixée pour régler leur différend
Un porte-parole du gouvernement allemand a déclaré vendredi qu'il restait encore suffisamment de temps avant la fin de l'année pour trouver une solution au sujet du système de combat aérien du futur (SCAF).
Le chancelier allemand Friedrich Merz et le président Emmanuel Macron semblent sur le point de manquer la date limite qu’ils s’étaient eux-mêmes fixée pour le Nouvel An pour résoudre un différend de longue date concernant le programme phare de défense européen, le système de combat aérien du futur (SCAF).
Les progrès sur ce projet commun de 100 milliards d’euros sont au point mort en raison des tensions entre les géants français et allemand de l’aérospatiale au sujet du leadership et du partage des tâches. Après la réunion des ministres de la Défense à Berlin et celle des dirigeants de l’UE à Bruxelles, qui n’ont abouti à aucun résultat concret, les espoirs d’une avancée décisive avant la fin de l’année se sont évanouis.
Emil Archambault, expert en défense au Conseil allemand des relations étrangères, a déclaré qu’il était peu probable que la date butoir soit respectée. Bien que toutes les parties comprennent leurs positions respectives, il a averti que le temps devenait un facteur critique. « Si l’objectif 2040-2045 doit être maintenu, il est vraiment urgent de parvenir à un accord », a-t-il mis en garde.
Le futur avion de combat, qui fonctionnera en tandem avec un réseau de drones et un cloud de combat numérique, devrait remplacer la flotte aérienne actuelle des trois pays partenaires, l’Allemagne, la France et l’Espagne, à partir de 2040.
Selon des responsables officiels, Merz, Macron et le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avaient prévu de discuter de la question en marge des sommets de la semaine dernière à Bruxelles, mais aucune annonce n’a suivi.
Un porte-parole du gouvernement allemand a déclaré vendredi qu’il restait encore beaucoup de temps avant la fin de l’année pour trouver une solution pour le FCAS.
À Berlin, cependant, les députés sont de plus en plus sceptiques quant à la possibilité de réaliser des progrès dans les semaines à venir.
Christoph Schmid, rapporteur des sociaux-démocrates pour l’armée de l’air, considère qu’une décision serait probablement reportée à nouveau. Il a fait valoir que d’autres questions, notamment les résultats du sommet européen et l’incapacité de la France à s’accorder sur un budget pour 2026, occupaient actuellement une place plus importante dans l’agenda politique.
Les figures de l’opposition ont fait écho à ces critiques. Jeanne Dillschneider, rapporteure principale des Verts, estime que l’impasse prouve la nécessité d’un contrôle politique plus étroit des grands projets européens de défense dès le départ.
« Il est essentiel que le SCAF ne devienne pas une autre bonne résolution pour la nouvelle année », a-t-elle réagi, exhortant les dirigeants à faire en sorte qu’une décision soit enfin prise en janvier.