Bœuf aux hormones : les eurodéputés votent en faveur de la résolution du différend entre l'UE et les Etats-Unis

Hier (14 mars), le Parlement européen a approuvé un accord entre l'UE, les Etats-Unis et le Canada sur le bœuf aux hormones, mettant ainsi un terme à un conflit de longue date entre les trois géants.

EURACTIV.fr / Reuters
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Hier (14 mars), le Parlement européen a approuvé un accord entre l'UE, les Etats-Unis et le Canada sur le bœuf aux hormones, mettant ainsi un terme à un conflit de longue date entre les trois géants.

L'affaire remonte à 1988, lorsque l'Union européenne a interdit toutes les importations de bœuf traité aux hormones de croissance. En représailles, les Etats-Unis et le Canada ont imposé des sanctions douanières s'élevant à 125 millions de dollars (95,7 millions d'euros) par an sur des produits européens allant du Roquefort aux truffes, en passant par la moutarde.

L'UE et Washington sont parvenues à un accord en 2009 : l'Union des Vingt-Sept continuerait d'interdire le bœuf traité aux hormones et les Etats-Unis lèveraient progressivement leurs sanctions en échange d'une forte augmentation des contingents d'importation de viande bovine élevée sans stimulateur de croissance.

Quelque 20 000 tonnes de bœuf sans hormones ont été exemptées de taxe chaque année à partir de ce moment-là et ce volume devrait passer à 48 200 tonnes d'ici août 2012. Sur ce volume, 45 000 tonnes sont des importations américaines et 3200 tonnes des importations canadiennes.

Les Etats-Unis ont levé leurs droits à l'importation sur tous les produits alimentaires européens de luxe en mai 2011.

Les agriculteurs européens craignaient d'assister à une montée en flèche des importations de boeuf nord-américain, mais cette augmentation ne s'est pas matérialisée. En effet, les Etats-Unis sont devenus un importateur net de boeuf après que les grains précédemment utilisés pour nourrir les animaux ont été destinés à la production de biocarburants.

L'UE insiste sur le fait que l'interdiction qui pèse sur le boeuf aux hormones repose sur des preuves scientifiques de risques pour la santé, bien que les Etats-Unis et le Canada ne soient pas du même avis. Les consommateurs européens sont quant à eux satisfaits de cette interdiction.

Les principaux bénéficiaires de la levée des sanctions américains devraient être l'Italie, la Pologne, la Grèce, l'Irlande, l'Allemagne, le Danemark, la France et l'Espagne, a annoncé le Parlement européen dans un communiqué.

Le Conseil des ministres devra encore approuver cette décision, mais il a déjà donné son accord en coulisse, a affirmé le Parlement.

En amont du vote, le commissaire européen à l'agriculture, Dacian Ciolo?, a déclaré qu'il espérait que cet accord permettrait de résoudre définitivement le litige sur le boeuf aux hormones au sein de l'Organisation mondiale du commerce.

M. Ciolo? a également noté la publication la semaine dernière de projets de règlementations par le département américain de l'agriculture visant à lever l'interdiction qui pèse sur les importations de boeuf en provenance l'UE, imposée en 1997 dans le sillage de la crise de la vache folle. Il espère que ces mesures seront finalisées au plus tôt.