Balkans occidentaux : Carla Del Ponte pointe du doigt le "dilemme" de l'UE [FR]

Carla Del Ponte, procureure du TPI de La Haye, estime que l'UE se trouve confrontée à une alternative délicate dans ses relations avec ses voisins des Balkans occidentaux : soit elle admet ces pays en son sein avant que n'y soit mis en oeuvre un réel processus de réconciliation, soit elle attend que ce processus soit mené à son terme - ce qui laisserait ouverte la possibilité d'un regain d'instabilité dans la région.     

Carla Del Ponte, procureure du TPI de La Haye, estime que l’UE se trouve confrontée à une alternative délicate dans ses relations avec ses voisins des Balkans occidentaux : soit elle admet ces pays en son sein avant que n’y soit mis en oeuvre un réel processus de réconciliation, soit elle attend que ce processus soit mené à son terme – ce qui laisserait ouverte la possibilité d’un regain d’instabilité dans la région.     

La procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, a une nouvelle fois appelé la Croatie et la Serbie-Monténégro à coopérer pleinement avec le TPI, lequel réclame toujours l’arrestation de plusieurs ressortissants de ces Etats soupçonnés d’avoir commis des crimes de guerre durant le conflit yougoslave. Tant qu’une telle coopération n’aura pas été obtenue, l’UE devra continuer à fermer sa porte à ces pays, a estimé Mme Del Ponte. 

Dans un discours prononcé le 1er septembre,  la procureure du TPI soulignait qu’il était « difficile d’imaginer que la Croatie, la Serbie-Monténégro (…) et la Bosnie-Herzégovine rejoignent l’Union européenne alors même que chacune de ces nations prépare idéologiquement le prochain conflit. »

Selon Mme Del Ponte, l’Union européenne se trouve aujourd’hui face à un dilemme : elle peut « soit intégrer les Balkans de l’Ouest, avant même qu’un processus de réconciliation véritable soit établi et prendre le risque d’importer des conflits en son sein, soit attendre qu’une paix solide soit instaurée, mais cela pourrait prendre des décennies, et personne ne peut prédire ce qu’il arriverait durant ce laps de temps. » 

Carla Del Ponte appelle l’UE à ne pas entamer de discussions sur le pacte de stabilisation avec Belgrade tant que le général Mladic demeure en liberté ; si elle devait le faire, elle « mettrait gravement en péril la perspective d’une arrestation rapide [de Mladic] « . La décision de l’UE concernant l’ouverture d’éventuelles discussions sur le pacte de stabilisation avec Belgrade doit intervenir le 5 octobre prochain.