Barnier veut désacraliser les agences de notation
Le commissaire européen au Marché intérieur souhaite que les agences de notation s’abstiennent de dégrader la note d’un pays bénéficiaire d’une aide internationale.
Le commissaire européen au Marché intérieur souhaite que les agences de notation s’abstiennent de dégrader la note d’un pays bénéficiaire d’une aide internationale.
Considérer l’avis des agences de notation comme « un (…) parmi tant d’autres ». Lundi 11 juillet, le commissaire français a été clair sur ses intentions à l’égard des agences de notation. A l’occasion de l’inauguration de l’Agence européenne pour la sécurité des marchés (Esma), basée à Paris, Michel Barnier a insisté sur l’importance de mettre « sous supervision européenne » ces organismes, dont les notes orientent les marchés européens.
Epargner les pays en crise
Dans l’oeil du cyclone, les trois agences mondiales de notation de crédit, Moody’s, Fitch Ratings et Standard & Poor’s. La dégradation, le 5 juillet dernier, de la note du Portugal, en pleine restructuration économique depuis l’octroi du plan d’aide européen (78 milliards d’euros) en mai dernier, a provoqué une certaine émotion. L’agence a abaissé la note du pays, le classant dans la catégorie des zones économiques où l’investissement est considéré comme « spéculatif ».
Selon le commissaire français, « il faut se poser la question (…) de savoir s’il faut permettre les notations souveraines quand un État est sous un programme international ».
Une mauvaise note attribuée à un pays déjà en difficulté agit tel un couperet, provoquant une hausse du coût du crédit, la fragilisation du pays, et de possibles effets de contagion sur d’autres économies proches.
Michel Barnier compte d’ailleurs demander à la présidence polonaise de l’UE de se prononcer rapidement sur ce sujet. Il souhaiterait que celui-ci soit inscrit à l’odre du jour de la prochaine réunion des ministres européens des Finances, le 4 octobre.
Concurrence et transparence
La mise en concurrence des agences de notation est elle aussi urgente, selon le commissaire.
« Une autre idée qui me semble intéressante est la possibilité de la mise en réseau de plusieurs agences de taille petite ou moyenne », a proposé le commissaire pour mettre un terme à « l’oligopole » de ces agences.
« La Commission fera de son mieux pour soutenir directement ou indirectement l’émergence de nouveaux acteurs », a t-il déclaré. Avec, en creux, une idée qui a déjà ses partisans au Parlement européen de créer rapidement « une agence de notation européenne« .
Pour sortir ces entités de leur conclave, Michel Barnier veut enfin durcir leurs obligations de transparence, leur surveillance et leur méthodologie. Il envisage par exemple « des exigences d’informations préalables et complètes des gouvernements avant toute dégradation ».