Berlin appelle au « dialogue » avec la Chine après les menaces d’utilisation du « bazooka commercial » de l’UE
Le ministre allemand des Affaires étrangères a appelé au calme lundi 27 octobre, alors que le bras de fer commercial entre l’UE et la Chine s’intensifie au sujet des restrictions à l’exportation de minerais essentiels, quelques jours après que les dirigeants européens ont menacé de brandir leur arme commerciale la plus puissante.
« Nous voulons un dialogue étroit avec la Chine », a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul aux journalistes lors d’une visite à Bruxelles, où il a rencontré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič.
Samedi 25 octobre, Ursua von der Leyen a déclaré à Berlin que la Commission, en charge de la politique commerciale de l’UE, était « prête à utiliser tous les instruments à sa disposition » pour riposter à l’annonce par Pékin, au début du mois, de contrôles rigoureux sur les exportations de terres rares.
Ces propos ont été largement interprétés comme une menace à peine voilée d’utiliser l’instrument anti-coercition tant vanté par l’exécutif européen — connu officieusement sous le nom de « bazooka commercial » — contre la deuxième économie mondiale.
Quelques jours avant, dans leurs conclusions du sommet européen, les chefs d’État et de gouvernement avaient appelé l’exécutif à « utiliser efficacement tous les instruments économiques de l’UE » afin de « dissuader et de contrer les pratiques commerciales déloyales ».
Selon trois diplomates au fait des discussions, jeudi dernier, lors du sommet, le président français Emmanuel Macron aurait quant à lui évoqué directement l’utilisation de cet instrument — qui permettrait à Bruxelles de cibler les services, d’imposer des restrictions en matière d’investissement et de suspendre les licences des entreprises.
La Chine représente 70 % de l’extraction et 90 % du raffinage des métaux de terres rares dans le monde, qui sont utilisés pour produire de nombreuses technologies de pointe, notamment les smartphones, les véhicules électriques et les avions de combat.
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Les commentaires du ministre allemand des Affaires étrangères interviennent également après qu’il ait brusquement annulé un voyage à Pékin la semaine dernière, une décision que certains ont interprétée comme un nouveau signe des tensions croissantes entre l’UE et la Chine, qui couvent depuis longtemps en raison de l’énorme excédent commercial de Pékin et de ses liens étroits avec la Russie.
Le pays asiatique est le premier partenaire commercial de l’Allemagne, avec des importations et des exportations totalisant 163 milliards d’euros entre janvier et août de cette année.
Johann Wadephul a déclaré qu’il préconisait des « solutions durables » pour garantir l’accès des entreprises européennes aux matières premières minérales. « Il en va tout simplement de la puissance économique, de la prospérité et de la force d’innovation de notre continent », a-t-il poursuivi.
Les responsables chinois ont également cherché à apaiser les tensions entre Pékin et Berlin lundi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères soulignant leur relation « mutuellement bénéfique », rapporte le média d’État Global Times.