L’UE proposera un plan « concret » pour les minerais critiques avant la fin de l’année
Bruxelles envisage de présenter un plan visant à réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis de la Chine pour les minerais critiques avant fin 2025, a déclaré lundi 27 octobre un porte-parole de la Commission européenne.
Ce week-end, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté « RESourceEU », un plan qui vise à renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement européenne en minerais stratégiquement essentiels en renforçant les liens commerciaux avec les pays tiers. La cheffe de l’exécutif a notamment cité l’Ukraine, l’Australie, le Canada, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Chili et le Groenland.
Ce plan fait écho à REPowerEU, élaboré après le début de la guerre en Ukraine avec pour objectif de supprimer progressivement les importations de combustibles fossiles russes.
RESourceEU devrait notamment prévoir l’augmentation de l’exploitation minière et du raffinage dans l’UE, ainsi que la constitution de stocks communs.
« L’intention est de présenter une initiative concrète avant la fin de l’année », a indiqué lundi le porte-parole de la Commission chargé des questions commerciales, Olof Gill, aux journalistes. Sans toutefois fournir de détail, il a ajouté que cette initiative viserait à « compléter » le règlement de 2024 sur les matières premières critiques (Critical Raw Material Act, CRMA), dont le but est de réduire la dépendance stratégique de l’Union européenne vis-à-vis des pays tiers.
Avec le CRMA, l’UE s’est déjà fixé comme objectif d’extraire 10 % des ressources dont elle a besoin sur son territoire, de les transformer à 40 % dans le bloc, d’atteindre des taux de recyclage de 25 % et, pour ces trois éléments, ne jamais être dépendante à plus de 65 % d’un seul fournisseur.
La Chine domine actuellement l’approvisionnement mondial en minerais critiques, qui sont essentiels pour de nombreuses technologies, telles que les véhicules électriques, les ordinateurs, les éoliennes, les radars ou encore les avions de combat.
Plus précisément, elle représente environ 70 % de l’exploitation minière mondiale et 90 % de la capacité de raffinage mondiale.
Au début du mois, Pékin a annoncé des contrôles à l’exportation drastiques sur une série de minerais appelés « terres rares », renforçant ainsi les restrictions déjà imposées en avril qui ont déjà contraint certaines entreprises européennes à cesser leur production.
Cette décision a exacerbé les tensions entre Bruxelles et Pékin, qui sont depuis longtemps aggravées par l’excédent commercial croissant de la Chine et l’approfondissement de ses liens politiques et économiques avec Moscou.
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Bazooka commercial européen
Ce week-end, Ursula von der Leyen a également comparé le contrôle chinois sur les terres rares à la dépendance dont avait fait preuve l’Europe vis-à-vis des combustibles fossiles russes — une dépendance mise en évidence lorsque Moscou a envahi l’Ukraine en 2022.
Elle a averti que l’UE pourrait prendre des mesures, en coordination avec les partenaires du G7. « Nous nous concentrons sur la recherche de solutions avec nos homologues chinois. Mais nous sommes prêts à utiliser tous les instruments à notre disposition pour réagir si nécessaire », a-t-elle affirmé.
Lors du sommet européen de la semaine dernière, les chefs d’Etat et de gouvernement ont appelé dans leurs conclusions à « utiliser efficacement tous les instruments économiques de l’UE » afin de « dissuader et de contrer les pratiques commerciales déloyales ».
Cela pourrait pousser Bruxelles a dégainer son « bazooka commercial » — l’instrument anti-coercition. Il s’agit de l’arme commerciale la plus puissante de l’UE. Il permet notamment d’imposer des restrictions en matière d’investissement, de retirer la protection de la propriété intellectuelle, de suspendre les licences de certaines entreprises, d’interdire l’accès aux marchés publics de l’UE et d’imposer des sanctions à des personnes spécifiques. Il peut être utilisé à la fois pour les biens et les services.
Pas de visite du ministre chinois du Commerce à Bruxelles
Olof Gill a également déclaré lundi que le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, ne participerait pas à une réunion entre des responsables chinois et européens à Bruxelles qui se tiendra cette semaine, contrairement à ce qu’avait suggéré le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič.
« Des spécialistes des questions techniques » venus de Chine arriveront à Bruxelles jeudi, a déclaré le porte-parole de l’exécutif européen. « Je n’ai pas besoin de les nommer ; je ne vais pas les nommer. Vous devez simplement me croire quand je vous dis qu’ils sont de haut niveau, qu’ils sont spécialistes des questions techniques et qu’ils travaillent dur pour mener à bien leur mission. »
La visite de la délégation chinoise aura lieu jeudi 30 octobre. Le même jour, le président Donald Trump et le président chinois Xi Jinping se rencontreront en Corée du Sud.
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(asg)