Berlin exhorte la Turquie à ne pas lancer d'offensive terrestre en Syrie

La ministre allemande des Affaires étrangères, a appelé son homologue turc, à ne prendre aucune mesure allant dans le sens d’une nouvelle escalade, après que le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a menacé de lancer une offensive terrestre dans le nord de la Syrie.

EURACTIV Allemagne
NATO Foreign Ministers Meeting in Bucharest
Annalena Baerbock a déclaré qu’elle avait appelé la Turquie à ne pas étendre ses attaques sur les Kurdes du nord de la Syrie et du nord de l’Irak à la suite d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN à Bucarest mercredi (30 novembre). [EPA-EFE/ROBERT GHEMENT]

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a appelé son homologue turc, Mevlüt Cavusoglu, à ne prendre aucune mesure allant dans le sens d’une nouvelle escalade, après que le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a menacé de lancer une offensive terrestre dans le nord de la Syrie.

Mme Baerbock a déclaré qu’elle avait appelé la Turquie à ne pas étendre ses attaques sur les Kurdes du nord de la Syrie et du nord de l’Irak à la suite d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN à Bucarest mercredi (30 novembre).

« Notre objectif principal est la protection des civils. Et ici, c’est le droit international qui s’applique — y compris en ce qui concerne la protection contre le terrorisme », a déclaré Mme Baerbock. Elle a ajouté qu’elle avait appelé « de toute urgence » à « s’abstenir de toute mesure susceptible de favoriser une escalade. »

Parallèlement, M. Cavusoglu a fait valoir que la Turquie attend le soutien de ses partenaires de l’OTAN dans la lutte contre le terrorisme. « Vous ne pouvez pas présenter les terroristes comme des victimes », a-t-il déclaré, en référence aux organisations kurdes telles que le PKK, considérées par Ankara comme des terroristes.

M. Erdoğan avait récemment menacé de lancer une offensive terrestre en Syrie, alors qu’Ankara avait déjà commencé à cibler des installations kurdes dans le nord de la Syrie et en Irak au moyen de frappes aériennes le 20 novembre, à la suite d’un attentat à Istanbul attribué au PKK par le gouvernement.

Les vives critiques de Mme Baerbock interviennent également dans le contexte du refus persistant de la Turquie de ratifier les demandes d’adhésion à l’OTAN de la Suède et de la Finlande. En échange de son approbation, Ankara a exigé que les deux pays renforcent leurs actions à l’encontre des organisations considérées comme terroristes par la Turquie.

Les progrès réalisés jusqu’à présent par les deux pays à cet égard ne sont toutefois « pas suffisants », a déclaré M. Cavusoglu lors de la réunion.