Brexit : la population active britannique a diminué de 330 000 personnes, selon une étude

Suite au Brexit, l’économie britannique a perdu 330  000 travailleurs, selon une nouvelle étude publiée mardi (17 janvier).

Euractiv.com
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Les directives relatives aux permis uniques et aux titres de résident de longue durée devraient être approuvées avant Noël prochain, selon les rapporteurs des deux dossiers, Javier Moreno Sánchez et Damian Boeselager. [Shutterstock/Kseniya Lanzarote]

Suite au Brexit, l’économie britannique a perdu environ 330  000 travailleurs, selon une nouvelle étude publiée mardi (17 janvier).

Les données publiées par les groupes de réflexion UK in a Changing Europe et Centre for European Reform indiquent qu’en septembre 2022, le Royaume-Uni comptait 460  000 travailleurs originaires de l’UE de moins que ce qu’il aurait normalement dû accueillir si le pays était resté dans l’Union.

Cette perte de main-d’œuvre a été partiellement compensée par une augmentation de quelque 130  000 travailleurs ne provenant pas de l’UE. La diminution nette de main-d’œuvre représente environ 1 % de la population active du pays.

« Notre analyse indique que, même si la migration en général atteint au moins les niveaux pré-pandémiques, le système de migration post-Brexit a eu pour effet, conformément à sa conception, une rupture claire avec les tendances pré-Brexit, ce qui a réduit l’offre de main-d’œuvre pour certains secteurs », ont déclaré le professeur Jonathan Portes et John Springford.

En outre, « dans les secteurs qui nécessitent une main-d’œuvre moins qualifiée, la migration liée au travail effectuée [avant le Brexit] en vertu de la libre circulation ne semble pas avoir été remplacée par la délivrance de visas supplémentaires sous le nouveau système », ajoutent-ils.

La fin de la liberté de circulation — l’une des principales conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l’UE et du marché unique — a radicalement modifié les tendances migratoires vers le Royaume-Uni.

Le nombre de citoyens de l’UE vivant au Royaume-Uni a fortement diminué. En 2021, environ 43 000 citoyens de l’UE ont reçu un visa pour pouvoir y travailler, rejoindre leur famille ou étudier. Pourtant, durant les six années précédant le Brexit, les chiffres annuels se situaient entre 230  000 et 430  000, selon l’Office des statistiques nationales du Royaume-Uni (Office for National Statistics).

Par contre, l’immigration non liée au travail a augmenté : la migration nette vers le Royaume-Uni a été estimée à plus de 500  000 personnes en un an avant juin 2022, avec des afflux importants de réfugiés d’Ukraine et de Hong Kong, ainsi que d’étudiants.

Les nouvelles obligations en matière d’immigration introduites par le gouvernement de Boris Johnson, Premier ministre entre 2019 et 2022, comprennent un système à points qui vise à décourager l’immigration de travailleurs peu qualifiés. Avec ce système, les personnes demandant un visa se voient attribuer des points en fonction de leurs compétences, qualifications, et niveaux de salaires.

Environ la moitié des emplois disponibles sur le marché du travail britannique sont ouverts aux personnes venant de l’étranger si ces dernières disposent des qualifications nécessaires.

Malgré cela, il y a toujours des pénuries considérables de travailleurs originaires de l’UE dans plusieurs secteurs, notamment le transport et l’entreposage, le commerce de gros et de détail, l’hébergement et la restauration, la fabrication, la construction et l’administration.

En effet, les pénuries d’infirmières et infirmiers et de travailleurs sociaux ont incité le gouvernement britannique à conclure des accords bilatéraux avec des pays non-membres de l’UE. Ces accords ont pour objectif d’augmenter le nombre de travailleurs provenant de pays figurant sur la liste d’appui et de sauvegarde pour les personnels de santé de l’OMS, « la liste rouge » des pays qui enregistrent des pénuries d’infirmières et de médecins.

Le système à points du gouvernement Johnson s’est avéré beaucoup plus généreux qu’initialement prévu et a suscité des critiques de la part de certains législateurs conservateurs et de commentateurs pro-Brexit.

Selon eux, le gouvernement britannique n’a pas réussi à réduire le nombre de migrants économiques, lune des promesses faites durant la campagne du référendum de 2016 au cours de laquelle les Britanniques ont voté en faveur de la sortie de l’UE.

[Édité par Charles Szumski & Anne-Sophie Gayet]