Bruxelles rejette la demande de Berlin de lever la zone de restriction pour la peste porcine

Invoquant un risque de contamination toujours élevé, la Commission a rejeté, mardi (30 août), la demande de l’Allemagne de lever plus tôt que prévu la zone de restriction imposée par Bruxelles en Basse-Saxe afin de limiter la propagation de la peste porcine.

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L’Allemagne affirme que « les efforts et les mesures de protection mis en place en Basse-Saxe » justifient une réduction de la durée de la zone de restriction, que Bruxelles a décidé de maintenir jusqu’en octobre, comme cela était prévu. [SHUTTERSTOCK]

Invoquant un risque de contamination toujours élevé, la Commission européenne a rejeté, mardi (30 août), la demande de l’Allemagne de lever plus tôt que prévu la zone de restriction imposée par Bruxelles en Basse-Saxe afin de limiter la propagation de la peste porcine.

La zone de restriction, qui concerne le district d’Emsland et qui doit s’appliquer jusqu’en octobre, a été imposée après la détection d’un cas de peste porcine africaine (PPA) dans un élevage de porcs domestiques en juillet.

Toutefois, selon des sources de la Commission, les récents développements dans d’autres parties de l’Allemagne indiquent la persistance d’un « risque significatif » d’introduction du virus dans d’autres exploitations, et la demande de Berlin a donc été rejetée.

« Il est toujours nécessaire par conséquent d’accroître les efforts pour garantir un niveau élevé de biosécurité et d’autres mesures de gestion de la PPA dans les exploitations porcines de toute l’Allemagne », ont indiqué des sources de la Commission européenne à EURACTIV.

L’Allemagne affirme que « les efforts et les mesures de protection mis en place en Basse-Saxe » justifient une réduction de la durée de la zone de restriction, que Bruxelles a décidé de maintenir jusqu’en octobre, comme cela était prévu.

La source de la Commission a évoqué les normes européennes et internationales de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) selon lesquelles les zones de restriction devraient en principe être levées au bout de trois mois au plus tôt, et ce à condition qu’aucun nouveau cas n’ait été signalé pendant cette période.

La levée de la zone de restriction à la mi-septembre ou début octobre, comme demandé par Berlin, ne respecterait pas le délai de trois mois.

La source a également souligné que la PPA a été observée dans toute l’Allemagne — y compris dans le Brandebourg et le Bade-Wurtemberg depuis le début de l’année.

Tout assouplissement des règles en Allemagne devrait tenir compte de ce risque ainsi que des « développements négatifs sur le plan épidémiologique » généraux relatifs à la peste porcine, a ajouté la source.

Dans la zone de restriction, qui devait rester en place dans le district d’Emsland jusqu’à la mi-octobre, les animaux d’élevage ne peuvent être transportés que dans des circonstances exceptionnelles.

« La peste porcine africaine (PPA) est une menace sérieuse — un virus mortel pour les porcs domestiques et sauvages, et elle reste un défi urgent », a souligné la source de la Commission.

L’imposition de zones de restriction « est essentielle pour lutter contre la maladie et contenir la situation sur le terrain », a ajouté la source.

Déception en Allemagne

Le ministère allemand de l’Agriculture s’est dit déçu par cette décision, soulignant les problèmes rencontrés par les exploitations en raison des restrictions.

« En Basse-Saxe, des dizaines de milliers de porcs sains provenant des zones de restriction de la peste porcine africaine ont maintenant atteint leur poids d’abattage », a déclaré le ministère dans un communiqué.

Comme les animaux ne peuvent pas être déplacés hors de la zone de restriction, l’espace devient étroit dans de nombreuses exploitations, et plusieurs d’entre elles ont déjà demandé un abattage d’urgence, selon les médias.

La ministre de l’Agriculture de Basse-Saxe, Barbara Otte-Kinast (CDU), a récemment écrit une lettre mettant en garde contre des « problèmes de bien-être animal ».

En raison des restrictions, de nombreuses exploitations déjà sous pression en raison des faibles prix à la production ne peuvent plus vendre leur viande de porc et s’inquiètent donc pour leur survie économique.

Le ministère fédéral recherche actuellement, en collaboration avec les exploitations agricoles et les autorités des États fédérés, « des solutions permettant l’abattage et la commercialisation de produits carnés pouvant être consommés sans crainte », peut-on lire dans le communiqué.