Bruxelles fait don de trois douzaines d'autobus à l'Ukraine
Chaque petit geste compte pour ce pays ravagé par la guerre qui a perdu 14 000 bus depuis l'invasion russe
La STIB, société bruxelloise de transports en commun, fait don de 36 bus à l’Ukraine dans le cadre du renouvellement et de l’électrification de sa flotte, a annoncé lundi son PDG, Brieuc de Meeûs, lors d’une conférence de presse.
Ces bus diesel, mis en service en 2010 et 2011, ont chacun parcouru environ 700 000 km. À partir de septembre, ils seront déployés dans des communes des oblasts de Tchernihiv et de Soumy, dans le nord du pays.
« Grâce à ces bus, la vie, la vie normale, pourra continuer », a déclaré lundi l’ambassadeur d’Ukraine en Belgique, Yaroslav Melnyk, au Musée du tramway de la capitale belge.
« Les gens auront la possibilité de se rendre à leur travail, les enfants d’aller à l’école, le personnel médical à l’hôpital, les personnes âgées de bénéficier des services dont elles ont besoin, et ainsi de suite. »
Bien qu’il s’agisse d’un geste de solidarité significatif, le don de la STIB est bien modeste face à l’ampleur des destructions causées par le Kremlin depuis que le président russe Poutine a ordonné une invasion à grande échelle il y a plus de quatre ans.
« Depuis le début de l’invasion à grande échelle menée par la Russie, nous avons perdu plus de 14 000 bus, tramways et trolleybus », a fait remarquer Melnyk.
L’électrification en cours de la flotte de bus de Bruxelles pourrait se traduire par de nouveaux dons à l’Ukraine. « Nous avons jusqu’à 2035 pour procéder à l’électrification complète de notre flotte de 800 bus, dont 150 sont déjà électriques », a déclaré de Meeûs. « 500 ou 600 bus devront encore être vendus ou cédés. »
Solidarité européenne
Des initiatives similaires ont vu le jour dans toute l’Europe depuis février 2022. En novembre 2025, la région Île-de-France, autour de Paris, a annoncé qu’elle ferait don de 400 bus diesel à l’Ukraine dans le cadre du processus d’électrification de sa flotte, à destination, là encore, de Tchernihiv, mais aussi de Kiev.
Au cours des dernières années, les pays de l’UE ont livré 370 bus scolaires à des collectivités ukrainiennes. Des villes de République tchèque et de Slovaquie ont envoyé 216 bus ; l’Allemagne, l’Italie (notamment Milan et les Abruzzes), l’Estonie et la Lettonie ont également envoyé des bus à ce pays déchiré par la guerre.
Les bus de Bruxelles seront acheminés en Ukraine en convoi après l’été.
« On ne va pas lancer les 36 en même temps, on va faire des batch de 8-10 bus », a déclaré de Meeûs. « C’est une grosse opération logistique, parce qu’il faut amener les gens à la frontière polonaise et trouver les endroits pour faire le plein, en sachant qu’il faut s’arrêter tous les 300 km. »
Une fois en Ukraine, il est certain que l’intensification des attaques russes contre les stations-service civiles pourrait compliquer le trajet à travers un terrain déjà dangereux.
Le ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale, Boris Dilliès, s’est félicité de « l’aide concrète apportée par Bruxelles, qui témoigne de la solidarité européenne avec l’Ukraine ».
Il est « important que tout le monde fasse un effort pour aider à des niveaux différents », a déclaré Dilliès.
(rh)