Bruxelles interrompt le versement du plan de relance de l’UE destiné à la Bulgarie

La Bulgarie ne recevra pas le deuxième versement de 653 millions d’euros au titre du plan de relance pour l’Europe en raison de réformes inachevées, conséquence directe de la crise politique qui dure depuis quatre ans.

EURACTIV Bulgarie
The Berlaymont Headquarter Of The EU Commission
Si les institutions de Sofia ne mettent pas en œuvre les réformes nécessaires dans les six mois, la Commission pourrait décider de réduire les fonds alloués à la Bulgarie au titre du plan de relance. [Thierry Monasse/Getty Images]

La Bulgarie ne recevra pas le deuxième versement de 653 millions d’euros au titre du plan de relance pour l’Europe en raison de réformes inachevées, conséquence directe de la crise politique qui dure depuis quatre ans.

La Commission européenne a confirmé dans un communiqué que le paiement avait été suspendu pour six mois, car la Bulgarie n’avait pas respecté ses engagements en matière de réformes dans les domaines de l’énergie, de la lutte contre la corruption et des marchés publics.

La Bulgarie dispose d’un mois pour répondre à l’évaluation préliminaire de la Commission visant à bloquer l’argent.

Le gel du paiement creusera un nouveau trou dans le budget 2024 de la Bulgarie, alors que le pays s’efforce de limiter son déficit budgétaire à 3 % en vue de rejoindre la zone euro en 2025.

Si les institutions de Sofia ne mettent pas en œuvre les réformes nécessaires dans les six mois, la Commission pourrait décider de réduire les fonds alloués à la Bulgarie au titre du plan de relance.

La Bulgarie a droit à 5,69 milliards d’euros de subventions de l’Union européenne (UE) dans le cadre du plan de relance et de résilience. Le pays n’a reçu que 1,37 milliard d’euros, soit le premier versement. Si le plan avait été mis en œuvre dans les délais, la Bulgarie aurait déjà reçu un total de 4,3 milliards d’euros.

Le parlement bulgare a bloqué la libéralisation du marché de l’énergie promise à Bruxelles, mais les craintes des politiciens locaux d’une forte augmentation des prix de l’électricité pour les ménages ont permis de maintenir la régulation totale du secteur par l’État. La Bulgarie avait pourtant pris l’engagement de libéraliser totalement le marché — y compris pour les consommateurs domestiques — d’ici à la fin de l’année 2023.

Une autre promesse non tenue est la promotion de la production d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables, qui fait actuellement l’objet d’attaques de la part de la propagande pro-russe sur les réseaux sociaux bulgares.

La troisième promesse non tenue de la Bulgarie est l’absence d’une feuille de route vers la neutralité climatique liée à la fermeture des centrales électriques au charbon d’ici 2038. Les députés du parti radical pro-russe Renaissance et du parti populiste « Il y a un tel peuple » ont bloqué une résolution en ce sens lors de la dernière session du parlement précédent, arrachant même les câbles des microphones pendant le débat.

La Bulgarie n’a pas non plus adopté les réformes anticorruption nécessaires, aucun nouveau président ou membre de la nouvelle commission anticorruption n’ayant été élu.

La vice-première ministre intérimaire et ministre des Finances, Lyudmila Petkova, a averti que cela pourrait coûter à la Bulgarie des milliards en fonds européens perdus et de graves dommages au budget national, y compris une éventuelle sortie de la zone euro.

La Bulgarie est également le seul État membre de l’UE à ne pas avoir encore soumis son plan à la Commission dans le cadre du chapitre RePowerEU, qui finance des mesures visant à atteindre l’indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.