Budget 2014-2020 : les réactions

De façon générale, la Commission, les parlementaires, et les professionnels s'inquiètent de l'absence d'accord sur le cadre financier pluriannuel de l'UE, lors du sommet des 22 et 23 novembre.

EURACTIV.fr
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De façon générale, la Commission, les parlementaires, et les professionnels s’inquiètent de l’absence d’accord sur le cadre financier pluriannuel de l’UE, lors du sommet des 22 et 23 novembre.

Londres et Berlin

Le Premier ministre britannique est vu comme l’un des principaux responables de l’échec du sommet. Pour lui, «l’accord sur la table n’était tout simplement pas assez bon. Il n’était pas assez bon pour la Grande-Bretagne, mais il n’était pas assez bon pour plusieurs pays ».

« Au Royaume-Uni, nous réduisons les budgets de l’administration d’un tiers, le personnel de la fonction publique de 10 % en deux ans. [Aucune de ces mesures] n’est facile. Dans le même temps, Bruxelles continue d’exister comme si elle était dans un univers parallèle. Les institutions de l’Union européenne doivent simplement s’adapter au monde réel», a ajouté David Cameron.

« La Commission n’a pas accordé un seul euro aux réductions, pas un seul [ce qui est] insultant pour les contribuables européens. « Je ne pense pas que ce soit suffisant », a-t-il aussi indiqué.

De son côté, la chancelière allemande a réclamé plus de coupes par rapport à la proposition de 971 milliards d’euros présentée par Herman Van Rompuy. « Un accord est possible. Nous pensons qu’il est possible qu’au début de l’année prochaine, nous parvenions à un accord solide et valable. Les 27 dirigeants estiment de manière unanime que nous pouvons concilier et surmonter les différences d’opinions », a déclaré Angela Merkel, après la réunion. Elle a ajouté que l’ambiance du débat avait été constructive et amicale.

« Revenir à la table des négociations chaque année pour adopter un nouveau budget affaiblirait une position, principalement en ces temps difficiles », a déclaré Mme Merkel.

« Les discussions bilatérales et communes ont prouvé qu’il y avait un potentiel suffisant pour [parvenir à] un accord. C’est une base valable pour poursuivre le travail », a conclu la chancelière allemande.

Pour le président de la Commission européenne, le « débat a été constructif. Mais la réalité est que le consensus n’est pas encore à portée de main. Nous avons besoin d’une autre étape pour y parvenir ». 

« Les discussions bilatérales d’hier et la discussion constructive au sein du Conseil européen montrent un degré suffisant de convergence potentielle pour parvenir à un accord au début de l’année prochaine », a pour sa part indiqué le président du Conseil européen Herman Van Rompuy

Une « dispute ridicule »

Le président du groupe libéral au Parlement, Guy Verhofstadt, et son homologue social-démocrate Hannes Swoboda réagissent à l’absence d’accord. Pour M. Vershofstadt, cette dispute entre Etats est « ridicule », au regard de la faiblesse du budget de long terme de l’UE. 

De son côté, Hannes Swoboda se réjouit de l’absence d’accord, car le résultat aurait été mauvais cette fois-ci. 

Politique régionale

Le commissaire à la politique régionale Johannes Hahn, a déclaré qu’il comprenait la difficulté des négociations. « Mais je pense que la proposition de la Commission reste réaliste et équilibrée alors que l’Europe a besoin d’un effort collectif important en vue de soutenir des investissements porteurs de croissance et de créer de nouveaux emplois, a-t-il ajouté.

Nous avons en effet proposé un budget qui se concentre plus que jamais sur quelques priorités importantes. Nous avons également profondément réformé l’utilisation du budget de l’UE. »

« Dans la politique de cohésion, nous avons introduit des conditions strictes, des incitatifs à la performance, un suivi solide et des façons de mesurer les résultats concrets. Nous rendons la politique de cohésion plus efficace que jamais.

Je souhaite que ce soit une politique d’investissement efficace et moderne pour la croissance et l’emploi. Je fais donc confiance aux États membres pour qu’ils fassent de leur mieux afin de conclure un accord le plus rapidement possible. Nous ne pouvons pas perdre plus de temps. La préparation des programmes est en cours et un cadre financier clair et stable est nécessaire. Il est grand temps d’agir maintenant. »

« Le non-accord de la semaine dernière a été une occasion ratée », a déploré Eleni Marianou, secrétaire générale de la Conférence des régions pérophériques et maritimes d’Europe. C’est « un très mauvais signal politique vis-à-vis des citoyens qui attendent des décisions urgentes en faveur de la croissance et des marchés qui ont besoin d’être rassurés régulièrement par les décideurs politiques.»

Agriculture

Le secrétaire général de la fédération professionnelle agricole Copa-Cogeca, située à Bruxelles, Pekka Pesonen s’est dit « déçu de l’absence d’accord sur le budget de la future Politique agricole commune pour la période 2014-2020 », dans un communiqué à l’issue du sommet. « Les ministres européens de l’Agriculture et le Parlement européen ne pourront pas se prononcer sur les mesures à introduire tant qu’ils ne savent pas de quel budget ils disposent pour financer la futurePAC », a-t-il ajouté. 

« Les dirigeants agricoles européens demandent aux Chefs d’E tat et de gouvernement de veiller à ce que les dépenses agricoles, qui représentent moins de 1% des dépenses publiques de l’UE, soient maintenues à leur niveau actuel jusqu’en 2020.  

Sans la PAC, il y aurait 27 politiques agricoles séparées dans 27 Etats membres, ce qui coûterait aux gouvernements beaucoup plus cher que la PAC ».