Budget de l’UE 2028-2034 : au Parlement européen, S&D et PPE préparent des blocages

Les deux plus grands groupes politiques du Parlement européen envisagent de bloquer des volets essentiels de la proposition de budget de 2 000 milliards d’euros présentée par la Commission européenne, menaçant de retarder l’adoption du prochain cadre financier pluriannuel.

EURACTIV.com
[Parlement européen/Emilie Gomez]

En juillet, la Commission européenne a dévoilé sa proposition pour le prochain budget septennal de l’Union, qui couvrira la période 2028-2034. Le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) envisagé prévoit la fusion des dépenses agricoles et régionales de l’UE dans les plans nationaux, ce qui a fait réagir les agriculteurs, car cela implique des réductions massives des subventions. Les députés européens et les régions sont également mécontents,  se sentant marginalisés au profit des capitales européennes.

La proposition budgétaire complète doit être approuvée à l’unanimité par les pays de l’UE ainsi que par le Parlement. Dans les deux cas, des négociations longues et difficiles sont en cours de préparation avant que le budget ne soit adopté.

Les principaux négociateurs du Parlement, issus du groupe des Socialistes et Démocrates européens (S&D) et du Parti populaire européen (PPE) de centre-droit — parti d’Ursula von der Leyen —, ont menacé de bloquer les négociations si la Commission maintenait son idée de plans nationaux. Aujourd’hui, les deux partis semblent prêts à faire échouer les négociations.

« Le groupe S&D est prêt à demander à la Commission de retirer sa proposition de plans nationaux pour le prochain CFP », a confié vendredi un porte-parole du S&D à Euractiv.

De son côté, le PPE est « irrité » par la manière dont la Commission « prévoit de saper la politique agricole », a déclaré vendredi un porte-parole du PPE lors d’une conférence de presse.

Le parti s’est réuni jeudi en Pologne pour discuter de l’opportunité de rejeter complètement les plans nationaux ou de tenter de modifier la proposition de manière à ne pas « renationaliser » la politique agricole de l’UE en dressant les pays membres les uns contre les autres.

Bien que le PPE n’ait pas encore officiellement déclaré qu’il rejetterait le plan, il a depuis quelque temps lancé l’idée auprès d’autres groupes politiques afin de voir s’ils la soutiendraient, selon deux responsables du Parlement.

Si le PPE se joint au S&D pour demander un retrait, il y a de fortes chances que les Verts et Renew, qui sont également mécontents des plans, suivent.

Un rejet du projet par le Parlement constituerait un sérieux revers pour les négociations budgétaires et remettrait en question l’ambitieux calendrier visant à parvenir à un accord d’ici la fin 2026.

Une poignée de pays, dont la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, ont également appelé à retirer la politique agricole des plans nationaux, tandis que des pays comme l’Allemagne sont favorables à la nouvelle structure proposée.

(asg)