Cancer : la mortalité varie considérablement à travers l’UE

Les premiers « profils sur le cancer par pays », établis dans le cadre du Registre européen des inégalités face au cancer, révèlent des inégalités préoccupantes de mortalité liée au cancer dans l’UE et ses États membres.

Euractiv.com
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Les profils, qui couvrent les 27 États membres de l’UE, la Norvège et l’Islande, révèlent que le taux de mortalité liée au cancer est presque deux fois plus élevé d’un pays à l’autre et qu’il existe de grandes disparités entre les genres. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/medical-laboratory-patient-undergoes-mri-ct-1243951714" target="_blank" rel="noopener">SHUTTERSTOCK/Gorodenkoff</a>]

Les premiers « profils sur le cancer par pays », présentés mercredi (1er février) et établis dans le cadre du Registre européen des inégalités face au cancer, révèlent des inégalités préoccupantes de mortalité liée au cancer dans l’UE et ses États membres.

Les profils, qui couvrent les 27 États membres de l’UE, la Norvège et l’Islande, révèlent que le taux de mortalité liée au cancer est presque deux fois plus élevé d’un pays à l’autre et qu’il existe de grandes disparités entre les genres. Ces profils ont été présentés par la Commission européenne et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

« Cette première série de profils de cancer par pays […] met clairement en évidence les inégalités importantes et inacceptables qui existent entre les États membres de l’UE », a déclaré la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, lors de la Conférence sur le cancer de 2023, mercredi à Stockholm.

« En réalité, entre les pays et même à l’intérieur de ceux-ci, les taux de mortalité, les facteurs de risque et l’accès aux soins varient énormément en fonction du statut socio-économique, du genre ou de l’âge », a-t-elle ajouté.

Ces différences s’expliquent par une exposition variable aux facteurs de risque du cancer, ainsi que par la capacité inégale des systèmes de santé à fournir un accès gratuit et en temps utile à un diagnostic précoce, ainsi qu’à des soins et à des traitements de qualité contre le cancer.

« Dans une Union européenne de la santé qui cherche à protéger tout le monde, de telles inégalités ne sont pas acceptables », a souligné Mme Kyriakides.

Les défis auxquels les États membres de l’UE sont confrontés pour fournir des soins de qualité contre le cancer varient également.

Certains d’entre eux sont bien équipés, mais sont confrontés à une pénurie de personnel de santé qualifié, tandis que d’autres disposent d’un grand nombre de médecins qualifiés, mais manquent, par exemple, d’équipements de radiothérapie.

« À titre d’exemple, le dépistage est essentiel pour améliorer la détection précoce. Cependant, la proportion de personnes bénéficiant d’un dépistage du cancer du sein est très variable, allant de 6 à 90 %, et d’environ 25 à 80 % pour le cancer du col de l’utérus », a indiqué Mme Kyriakides.

Afin de réduire ces inégalités, les États membres sont encouragés à identifier les difficultés et à partager les meilleures pratiques entre eux.

Inégalités de genre et inégalités socio-économiques

Des disparités importantes existent également à l’intérieur des pays, en particulier entre les différents genres et les différents groupes socio-économiques.

En ce qui concerne le genre, les taux de mortalité par cancer sont 75 % plus élevés chez les hommes que chez les femmes dans les États membres de l’UE.

Les disparités les plus fortes sont observées dans les pays baltes, au Portugal et en Espagne, ce qu’un responsable de l’OCDE a attribué à des facteurs de risque tels que l’alimentation, le tabagisme ou la consommation d’alcool. Les pays nordiques — Norvège, Islande et Irlande — affichent des différences relativement moins importantes entre les genres.

Il existe également de grandes inégalités socio-économiques de mortalité liée au cancer en fonction du niveau d’éducation ou des revenus.

Les facteurs de risque généraux ont tendance à être plus répandus chez les hommes et dans les groupes à faible revenu ayant un faible niveau d’éducation. Ainsi, la mortalité liée au cancer est jusqu’à 2,5 fois plus élevée chez les hommes ayant un faible niveau d’éducation que chez ceux dont le niveau d’éducation est élevé.

D’autres résultats ont montré que le cancer, qui représente 26 % de tous les décès dans le bloc, est la deuxième cause de mortalité après les maladies cardiovasculaires. Au total, quelque 1,2 million de personnes sont mortes d’un cancer dans les États membres de l’UE. Le cancer le plus meurtrier reste le cancer du poumon.

Les profils établis ont révélé que les États membres ont consacré près de 170 milliards d’euros aux soins contre le cancer en 2018. Dans l’ensemble, les dépenses de prévention ont augmenté ces dernières années, mais elles ne représentent toujours que 3,4 % des dépenses de santé globales.

Les pistes d’amélioration

Il existe plusieurs moyens permettant d’améliorer la situation et de combler les écarts existants, selon l’OCDE.

Plusieurs étapes sont privilégiées, à commencer par la prévention et la promotion de modes de vie plus sains, suivies d’une meilleure accessibilité au diagnostic précoce et de l’amélioration de la qualité des soins contre le cancer.

La situation par pays fera l’objet d’un suivi annuel, afin d’avoir « une vue d’ensemble régulière de l’évolution de la situation », a déclaré lundi (30 janvier) un haut responsable de la Commission lors d’un point de presse informel. Il a également précisé que le registre permettra de lutter contre les inégalités en Europe et de les réduire, ainsi que d’établir des priorités en matière d’investissements en fonction des résultats obtenus.

« Il y aura un processus de suivi qui consistera à examiner les instruments financiers pour voir comment nous pouvons encourager les pays qui ont un déficit en termes d’inégalités à développer des projets susceptibles de remédier à ces inégalités », a déclaré le responsable européen.

Le registre des inégalités face au cancer et les profils par pays sont une initiative phare du plan européen de lutte contre le cancer. La semaine dernière, un autre projet a été lancé — l’initiative en matière d’imagerie sur le cancer — qui permettra à l’intelligence artificielle de jouer un rôle dans la lecture d’images oncologiques.

Trente autres initiatives doivent être mises en œuvre au cours de l’année à venir.

Parmi celles-ci figurent la proposition de la Commission relative à une recommandation du Conseil sur les cancers évitables par la vaccination, ainsi qu’une mise à jour de la recommandation du Conseil de 2009 sur les environnements sans tabac. Cette recommandation vise à renforcer la protection des citoyens contre le tabac et à contribuer à la réalisation de l’objectif d’une « génération sans tabac » d’ici 2024.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]