Catherine Ashton accepte de reprendre les négociations sur le nucléaire avec l’Iran
La haute représentante de l’UE pour la politique étrangère, Catherine Ashton, a écrit hier (6 mars) au négociateur en chef de l’Iran pour le nucléaire, acceptant une proposition de rencontre autour du programme nucléaire de Téhéran.
La haute représentante de l’UE pour la politique étrangère, Catherine Ashton, a écrit hier (6 mars) au négociateur en chef de l’Iran pour le nucléaire, acceptant une proposition de rencontre autour du programme nucléaire de Téhéran.
Mme Ashton parlera au nom de six puissances (les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne) lors de sa rencontre avec les autorités iraniennes. Après des semaines de consultations, elle a en effet proposé la reprise des négociations sur le programme nucléaire iranien.
Cette décision intervient suite à l'élargissement des sanctions européennes et américaines visant à exercer une pression économique et à forcer Téhéran à faire marche arrière dans son programme nucléaire soupçonné d'être destiné à la production d'armes nucléaires. L'Iran maintient que ses activités d'enrichissement d'uranium ne sont effectuées qu'à des fins pacifiques.
Le mois dernier, le négociateur iranien Saïd Jalili avait proposé dans une lettre de reprendre les négociations avec les grandes puissances mondiales, interrompues pendant plus d'un an. Il avait ajouté que Téhéran avait de « nouvelles initiatives » à proposer.
« J'ai répondu aujourd'hui à la lettre du 14 février écrite par le Dr Jalili», a déclaré Mme Ashton. « J’ai offert de reprendre les pourparlers avec l'Iran sur la question nucléaire », a-t-elle affirmé.
Dans sa lettre, Mme Ashton a proposé une première phase de discussions visant à instaurer la confiance en développant des étapes concrètes pour l'avenir.
« Note objectif général reste de trouver une solution de compromis globale sur le long terme, de façon à rétablir la confiance de la communauté internationale quant au caractère exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien, tout en respectant le droit de l'Iran d'utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques », a-t-elle précisé dans sa réponse à M. Jalili.
Le président Barack Obama a quant à lui déclaré que les négociations entre le groupe des six et l'Iran offraient une opportunité diplomatique de désamorcer la crise sur le programme nucléaire du pays et de faire taire les « tambours de guerre » qui résonnent en ce moment.
Alors qu'Israël parle de plus en plus d'une intervention militaire, ces négociations pourraient accorder un peu de répit dans cette crise qui a fait grimper les prix du pétrole et menacé de voir les États-Unis s'engager dans une troisième guerre majeure en dix ans.
Date et lieu à confirmer
Mme Ashton a indiqué que la date et le lieu où se dérouleraient ces négociations devaient à présent être déterminés, ajoutant que le plus tôt serait le mieux.
Elle a écrit : « En pratique, nos représentants pourraient se réunir prochainement pour préparer la première phase de reprise des négociations. »
Dans un signe de bonne volonté, l'Iran a fait savoir hier qu'il autoriserait les enquêteurs à visiter un complexe militaire auquel ils s'étaient vus refuser l'accès, afin de contrôler le matériel soupçonné de servir à des recherches sur des explosifs en lien direct avec des armes nucléaires.
Les États occidentaux devraient faire preuve de prudence et garder en tête les précédentes accusations selon lesquelles la disposition de l'Iran à négocier ne lui avait servi qu'à gagner du temps et non pas à conclure un accord.