Cessez-le-feu entre Israël et Hamas : l’UE demande la paix et un accès pour l’aide humanitaire
Au lendemain de l’accord de cessez-le-feu négocié entre Israël et le Hamas, l’UE fait pression en faveur d’une solution durable et d’un accès rapide à Gaza pour l’aide de l’ONU.
Au lendemain de l’accord de cessez-le-feu négocié entre Israël et le Hamas, l’Union européenne (UE) fait pression en faveur d’une solution durable et d’un accès rapide à Gaza pour l’aide de l’Organisation des Nations unies (ONU).
En début de semaine, après plus d’un an de guerre, les deux parties se sont entendues sur un cessez-le-feu de six semaines. Les Européens espèrent que cet accord ouvrira la voie au « Jour d’après », c’est-à-dire à un plan de gestion de l’après-guerre pour la bande de Gaza et ses relations avec Israël.
Pour Hadja Lahbib, commissaire européenne à la Préparation et à la Gestion des crises, cela inclut la solution à deux États, qui devrait permettre aux « deux peuples » de vivre l’un à côté de l’autre en paix.
Pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, cet accord est un pas en avant vers une stabilité régionale à long terme. Ce message a été repris par les dirigeants mondiaux, notamment le chancelier allemand Olaf Scholz et le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Bien que le principe d’un cessez-le-feu ait été accepté, le gouvernement israélien doit encore se prononcer sur l’accord ce vendredi 17 janvier. Le vote était initialement prévu pour la veille, mais a été reporté en raison de divergences entre les parties. En attendant, les bombardements israéliens sur la bande de Gaza continuent.
Toute solution à long terme au conflit entre Israël et la Palestine nécessitera de longues et intenses négociations. En effet, aucune initiative de paix antérieure n’a pu conduire à un accord signé et les deux parties ont très souvent rompu des cessez-le-feu par le passé.
Dans sa déclaration de jeudi, Hadja Lahbib a également demandé au gouvernement israélien d’autoriser l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, l’UNRWA, à fournir à nouveau de l’aide à Gaza.
Israël avait précédemment déposé un projet de loi visant à mettre fin à la collaboration avec l’UNRWA en raison d’allégations d’aide au terrorisme. La commissaire européenne a demandé à Israël de reconsidérer la mise en œuvre de la loi ou de la reporter, étant donné le changement de contexte.
« Nous devons donner une chance au cessez-le-feu », a-t-elle déclaré, ajoutant que l’aide pourrait être acheminée à Gaza dès que possible, une fois que le cessez-le-feu entrera en vigueur.
En ce qui concerne le rôle que pourrait jouer la mission européenne (Mission d’assistance de l’Union européenne pour une gestion intégrée des frontières, EUBAM) au point de passage de Rafah entre l’Égypte et Gaza pour soutenir l’acheminement de l’aide, Hadja Lahbib a déclaré que le sujet serait « très possiblement » discuté lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE le 27 janvier.
Selon elle, environ 600 camions attendraient d’entrer dans la bande de Gaza où, d’après les rapports d’octobre de l’ONU, au moins 1,8 million de personnes sont confrontées à une situation de famine imminente.
Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché l’invasion israélienne de Gaza et ensuite du Liban, plus de 46 000 Palestiniens ont été tués et plus de 110 000 blessés, selon les chiffres de l’ONU.
Hadja Lahbib a ajouté que plus de 85 % de la bande de Gaza était détruite et que « la situation en Cisjordanie est également extrêmement préoccupante compte tenu de la violence » des colons israéliens extrémistes envers les Palestiniens.
Le rôle de l’Europe
Les Européens se sont penchés sur leur rôle dans le soutien à Israël et à l’Autorité palestinienne afin de créer un environnement pacifique durable entre les deux pays.
Pour que la solution des deux États fonctionne, ils ont déjà défini un cadre clair qu’ils entendent respecter.
Après avoir rencontré Muhannad Hadi, le coordinateur humanitaire pour les territoires palestiniens occupés, Hadja Lahbib a insisté sur le fait que l’Autorité palestinienne devait également entreprendre des réformes.
Elle a fait part de la volonté de l’UE d’aider l’Autorité palestinienne à gagner en légitimité en mettant en œuvre des réformes appropriées en matière de sécurité, de contrôle, de gouvernance, d’économie, de résilience et de reconstruction.
Elle a également déclaré que la gouvernance à Gaza devait être reconsidérée, car le Hamas « ne peut plus avoir un rôle de représentation politique ».
[Édité par Alice Bergoënd et Anna Martino]