Charles Michel promet un soutien militaire lors de sa visite en Moldavie

L’Union européenne envisage d’apporter un soutien militaire supplémentaire à la Moldavie afin de lui permettre de faire face aux conséquences de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

EURACTIV.com avec agences
Charles Michel and Maia Sandu in Chisinau
Le président du Conseil européen, Charles Michel, et la présidente moldave, Maia Sandu, à Chisinau, en Moldavie, le 4 mai 2022. [Council Newsroom]

L’Union européenne envisage d’apporter un soutien militaire supplémentaire à la Moldavie afin de lui permettre de faire face aux conséquences de la guerre menée par la Russie en Ukraine. C’est ce qu’a annoncé le président du Conseil européen, Charles Michel, lors d’une visite à Chisinau ce mercredi 4 mai.

Les 27 États membres de l’Union européenne étudient actuellement la possibilité d’apporter un soutien militaire accru à la Moldavie, l’un des pays les plus pauvres d’Europe, enclavé entre la Roumanie et l’Ukraine, et notamment de l’aider à renforcer ses forces armées, a déclaré M. Michel lors d’une conférence de presse conjointe avec la présidente moldave Maia Sandu.

La Moldavie est considérée comme une possible prochaine victime de la guerre de la Russie en Ukraine. Tout comme l’Ukraine, la Moldavie est une ancienne république soviétique qui ambitionne de rejoindre l’UE. La Russie de Vladimir Poutine a toutefois l’intention de restaurer autant que possible l’ancienne Union soviétique.

Les autorités moldaves sont sensibles aux signaux de tensions croissantes en Transnistrie, un morceau de territoire non reconnu et soutenu par Moscou qui borde le sud-ouest de l’Ukraine. La Transnistrie est officiellement un territoire moldave, mais elle est contrôlée par les forces pro-russes depuis 1990.

Le 6 avril, des explosions ont endommagé des pylônes radio datant de l’ère soviétique qui diffusaient la radio russe en Transnistrie, ce qui a incité le président moldave à convoquer une réunion d’urgence sur la situation sécuritaire.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie de tenter d’entraîner la Moldavie dans le conflit.

Le 22 avril, un haut responsable militaire russe a déclaré que la deuxième phase de ce que la Russie appelle son « opération militaire spéciale » en Ukraine comprenait un plan visant à prendre le contrôle total du sud de l’Ukraine et à renforcer son accès à la Transnistrie.

Charles Michel a déclaré que cette aide supplémentaire viendrait s’ajouter à l’aide dans les domaines de la logistique et de la cyberdéfense que l’UE a déjà acceptée. M. Michel a refusé de donner davantage de détails, mais a déclaré qu’il était extrêmement important d’éviter toute escalade.

« Nous aiderons la Moldavie à renforcer sa résilience et à faire face aux conséquences des répercussions de l’agression russe en Ukraine », a expliqué M. Michel lors de sa visite à Chisinau.

Il a ajouté que le bloc prévoyait d’augmenter considérablement son soutien militaire à l’Ukraine en fournissant à ses forces armées des « équipements militaires supplémentaires ».

« Nous apporterons également notre soutien pour lutter contre la désinformation, renforcer la cohésion sociale et résister aux cyberattaques », a-t-il poursuivi.

La Moldavie ne voit pas de menace imminente concernant la propagation de la guerre, et ce malgré les « provocations » des séparatistes pro-russes ces derniers jours. Le pays a toutefois mais élaboré des plans d’urgence pour des scénarios « pessimistes », a déclaré Mme Sandu mercredi.

Le gouvernement de Mme Sandu a demandé à adhérer à l’UE le 3 mars dernier, soit une semaine après le début de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

Les chaînes d’information russes sont interdites en Moldavie, qui a également interdit ces dernières semaines le port du ruban orange et noir des partisans de l’invasion russe, après un vote parlementaire boycotté par l’opposition pro-russe.

M. Michel a déclaré que l’Union européenne travaillait activement à l’évaluation de la demande d’adhésion de la Moldavie au bloc, même s’il a qualifié la procédure de « complexe ».