Charles Michel salue l’approche européenne « responsable » de Giorgia Meloni
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, et le président du Conseil européen, Charles Michel, se sont rencontrés lundi pour parler d’immigration et d’inflation en amont de la réunion du Conseil de l’UE.
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, et le président du Conseil européen, Charles Michel, se sont rencontrés lundi (31 janvier) à Rome pour parler d’immigration et d’inflation en amont de la réunion du Conseil de l’UE. M. Michel a par ailleurs qualifié l’approche de la Première ministre italienne de « responsable ».
Pour Mme Meloni, cette rencontre « démontre l’attention portée à la position italienne ».
Les discussions entre les deux responsables politiques ont porté sur les questions de l’immigration et de la réponse européenne à la loi américaine sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act, IRA). « Il y aura des défis importants pour nous, comme pour l’ensemble de l’Europe, notamment sur les questions économiques et l’immigration », a-t-elle expliqué.
La visite de M. Michel en Italie a pour objectif de préparer le Conseil européen extraordinaire qui se tiendra les 9 et 10 février à Bruxelles. Il se rendra également à Paris mercredi (1er février) pour rencontrer le président de la République, Emmanuel Macron.
« Quand l’UE va bien, l’Italie va bien aussi », a déclaré le président du Conseil européen, qui a remercié Mme Meloni pour la « responsabilité » dont elle a fait preuve au cours de ses 100 premiers jours à la tête du pays.
« Je voulais souhaiter bonne chance à la présidente du Conseil [des ministres d’Italie] et la remercier pour la coopération très franche, directe et sincère au niveau européen que nous avons eue ces derniers mois, fondée sur les intérêts italiens mais aussi avec la volonté de protéger l’Union européenne », a-t-il poursuivi.
L’Italie fait partie du groupe de pays européens qui considèrent fondamentale la création d’un fonds de souveraineté européen pour répondre à l’inflation et à la nouvelle l’IRA du président américain Joe Biden. Mme Meloni avait déjà souligné ce point à l’occasion de la visite à Rome de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
« L’Europe doit protéger ses entreprises, et elle doit le faire avec courage. La position italienne implique, avant tout, la flexibilité sur les fonds existants », avait alors déclaré Mme Meloni.
En outre, Mme Meloni a souligné la dimension européenne de l’immigration irrégulière, qui provient des routes de la Méditerranée et des Balkans.
« L’immigration est une question liée à celle de la sécurité. Il n’est dans l’intérêt de personne d’être divisé sur une question comme celle de la migration ; cela reviendrait à faire un cadeau aux trafiquants d’êtres humains », a déclaré la Première ministre.
« Sur la migration, nous devons avancer de toute urgence […] L’UE peut et doit intervenir en commençant par la défense des frontières extérieures. Il y a une prise de conscience que l’Italie ne peut pas gérer la question seule », a-t-elle poursuivi.
Ces dernières semaines, le gouvernement de Mme Meloni a conclu des accords de coopération sur la question avec des États d’Afrique du Nord, d’où proviennent la plupart des migrants en situation irrégulière. Rome a également entamé des négociations avec certains pays des Balkans occidentaux afin de règlementer la question.
« Il faut des réponses pragmatiques et rapides […] Il est temps de travailler ensemble » en endiguant les flux migratoires illégaux « avant qu’ils n’atteignent les frontières européennes. L’engagement envers l’Afrique doit être celui de toute l’Europe, et à cet égard, je pense qu’il existe des points de contact importants », a conclu Mme Meloni.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]