Chefs d'État africains et européens tentent de se mobiliser face à l'immigration

L'Élysée a réuni chefs d'État africains et européens lundi à Paris pour formuler une proposition sur la question des migrations.  Ils ont soutenu l'idée de repousser la frontière de l'UE en Afrique pour que les demandes d'asile soit traitée localement.

EURACTIV.fr
La question de l’immigration divise les Etats membres, qui doivent s’entendre avant de négociacier le futur accord de partenariat avec les pays ACP.
EPA/ORIETTA SCARDINO [[Orietta Scardino/EPA]]

L’Élysée a réuni chefs d’État africains et européens lundi à Paris pour formuler une proposition sur la question des migrations.  Ils ont soutenu l’idée de repousser la frontière de l’UE en Afrique pour que les demandes d’asile soit traitées localement.

Emmanuel Macron a réuni, lundi, à Paris, un sommet au format inhabituel, conviant chefs d’État africains et européens, mais aussi la Haute représentante de l’UE aux affaires étrangères, Federica Mogherini, aux côté des chefs d’État tchadien, nigérien, libyen, allemand, italien et espagnol. La question migratoire représente la seconde principale préoccupation des Européens selon le dernier Eurobaromètre, derrière le terrorisme. Le sommet visait à tenter de gérer ces deux problèmes majeurs. L’idée de la réunion était de soutenir, politiquement, la proposition de la Commission européenne dévoilée en juillet, pour faire accélérer les mesures à prendre.

« Nous avons mis en place des actions concrètes en amont des flux migratoires » a assuré le président français, évoquant la déclaration conjointe du sommet, qui vient compléter la feuille de route mise sur la table par la Commission européenne en juillet, qui suppose de déplacer la frontière européenne en installant des structures de traitement des demandes d’asile au Tchad et le Niger.

« C’est un élément important, il vise à permettre à des femmes et des hommes d’éviter des zones dangereuses » a assuré le président, précisant que l’identification de demandeurs d’asile serait fait directement dans ces pays, sous l’égide du HCR.

Les pays européens espèrent ainsi encourager le retour vers les pays d’origine, une issue que les migrants refusent le plus souvent, puisqu’ils quittent la misère pour trouver mieux, souvent en empruntant de l’argent à leurs proches.

 

 

« C’est un des sujets les plus importants, tant pour les citoyens d’Afrique que les citoyens européens » a de son côté développé Angela Merkel, qui a rappelé que 53.000 personnes ont déjà perdu la vie en Méditerranée depuis le début de la crise migratoire.

La chancelière a assuré que l’UE apporterait aussi un appui matériel pour la gestion des réfugiés sur le continent africain.

« il faut arrêter l’immigration illégale, sinon nous donnerions un mauvais signe » a insisté Angela Merkel, qui, à quelques semaines des élections allemandes, tient à donner des gages à la droite allemande. Comme Emmanuel Macron, elle a donc évoqué le sujet de l’aide au développement comme réponse au problème des migrations.

« Le Niger et le Tchad ne sont que des pays de transit, il faudrait travailler avec les pays d’origine sous forme d’aide au développement » a aussi insisté la chancelière.

Les chefs d’État tchadien et nigérien se sont tous deux désolés des dizaines de milliers de vie perdues.

« Nous perdons des jeunes Africains entre 20 et 30 ans, dans le désert et dans la Méditerranée. Ca entraîne des pertes de bras valides pour le continent » s’est insurgé Idriss Déby, le président du Tchad, tout en reconnaissant qu’il n’y avait pas de solution miracle.

Les chefs d’État se sont refusé à comparer les structures au Niger et au Tchad à des « hotspots », du nom des centres qui accueillent déjà les réfugiés en Grèce et en Italie. Dans la déclaration conjointe, et la proposition qui l’accompagne (voir ci dessous), les chefs d’État appellent pourtant de leur vœux la mise en place de centres d’accueil décentralisés.

« Le terme de ‘hotspot’ peut prêter à confusion, nous proposons une solution agrée de tous, sous la houlette du HCR et de l’OMI » a précisé le président français. Le document évoque plutôt des «centres de transit ».