Chez les socialistes, deux gagnants pour un seul fauteuil

Alors que les militants socialistes ont voté jusqu’à 22 heures jeudi (20 janvier), les camps d’Olivier Faure et de Nicolas Mayer-Rossignol revendiquent la victoire sur fond d’accusations réciproques d’irrégularités dans les opérations de vote.

Euractiv France
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La direction a proclamé la victoire d’Olivier Faure, Premier secrétaire sortant candidat à sa succession, qui aurait obtenu 50,8 % des suffrages. Ce chiffre est contesté par son concurrent Nicolas Mayer-Rossignol, qui, assure-t-il dans un communiqué, aurait gagné avec 50,5 % des voix. [Shutterstock/Victor Joly]

Alors que les militants socialistes ont voté jusqu’à 22 heures jeudi (20 janvier), les camps d’Olivier Faure et de Nicolas Mayer-Rossignol revendiquent la victoire sur fond d’accusations réciproques d’irrégularités dans les opérations de vote.

Dans la matinée de vendredi (20 janvier), la direction a proclamé la victoire d’Olivier Faure, Premier secrétaire sortant candidat à sa succession, qui aurait obtenu 50,8 % des suffrages. Ce chiffre est contesté par son concurrent Nicolas Mayer-Rossignol, qui, assure-t-il dans un communiqué, aurait gagné avec 50,5 % des voix.

L’écart est extrêmement resserré entre les deux candidats et représente moins de 400 voix.

Des irrégularités ont été constatées et sont dénoncées par les deux camps, qui s’en renvoient la responsabilité. La semaine dernière, lors du premier tour, les socialistes des fédérations établies hors de France, qui ont voté par internet, avaient rapporté des dysfonctionnements. Ils représentent à eux seuls quelques centaines de personnes.

Dans les différentes fédérations au niveau national, il est fait état de scrutateurs expulsés des bureaux de vote ou encore de déplacements d’urnes dans des lieux fermés, à l’abri des regards, qui auraient donc pu permettre des opérations de bourrages d’urnes.

M. Mayer-Rossignol demande la convocation de la commission de récolement, chargée de trancher les litiges dans ce type de cas. Dès la semaine dernière, des résultats qui avaient été proclamés dans un premier temps, ont été infirmés par cette commission.

Parmi les soutiens d’Olivier Faure, Corinne Narassiguin, cadre du parti, a indiqué que la commission nationale d’organisation du congrès a été réunie dès 4h45, et que les représentants de la liste de Nicolas Mayer-Rossignol « ont refusé d’examiner les résultats et ont préféré demander pendant 1h30 la reprogrammation de la commission, avant de partir ». Ce qui implique donc que les résultats ont été proclamés de manière unilatérale par la direction sortante.

Dans un message envoyé à des militants peu avant la proclamation des résultats, le camp d’Olivier Faure accusait ses opposants d’une « tentative de déstabilisation de notre maison commune » et assurait avoir réuni environ 54 % des voix.

Anne Hidalgo, maire de Paris et ancienne candidate à l’élection présidentielle, a violemment attaqué la direction d’Olivier Faure, en conférence de presse vendredi après-midi. Selon elle, « si on s’amusait à faire cela quand on organise des élections dans nos villes, on serait en prison ». Le ton n’est pas moins virulent de la part d’autres cadres du parti, comme Stéphane Le Foll, maire du Mans, ou Philippe Doucet, membre du Conseil national, qui demandent que la clarté soit faite. Même son de cloche auprès de Valérie Rabault, députée influente et respectée au sein du parti.

Au Parti socialiste, le « rassemblement », tant vanté par chacun des deux candidats, risque d’être plus compliqué que prévu.