Christian Lindner accroît la pression sur la Chine après l’annulation d'une réunion à Pékin
Le ministre allemand des Finances, Christian Lindner (Parti libéral-démocrate — centre), a appelé à une position plus ferme à l’égard de la Chine après l’annulation à la dernière minute d’une réunion prévue avec son homologue chinois.
Le ministre allemand des Finances, Christian Lindner (Parti libéral-démocrate — centre), a appelé à une position plus ferme à l’égard de la Chine après l’annulation à la dernière minute d’une réunion prévue avec son homologue chinois.
M. Lindner devait rencontrer le ministre chinois des Finances, Liu Kun, mercredi (10 mai), mais sa visite à Pékin a été annulée à la dernière minute, le gouvernement chinois ayant déclaré que M. Liu avait d’autres obligations.
M. Lindner a expliqué mardi au podcast The Pioneer Briefing qu’il serait moins favorable à une position « patte de velours » à l’égard de la Chine que celle adoptée par le précédent gouvernement allemand. Au lieu de cela, il a appelé à « une approche réaliste et confiante vis-à-vis de la Chine ». Néanmoins, les échanges entre les deux pays doivent se poursuivre, a-t-il ajouté.
« Nous ne laisserons pas nos valeurs libérales être achetées pour de bonnes affaires », a affirmé M. Lindner. Ainsi, l’équilibre entre les valeurs et les intérêts économiques devrait être modifié en faveur des premières, a-t-il ajouté.
Le gouvernement allemand est en train d’élaborer une nouvelle stratégie à l’égard de la Chine, qui serait actuellement « finalisée », a déclaré M. Lindner.
Pendant ce temps, le ministre chinois des Affaires étrangères, Qin Gang, a tenté de calmer la situation lors d’une visite à Berlin, où il a rencontré son homologue allemande, Annalena Baerbock (Les Verts).
« M. Lindner est bien sûr le bienvenu dans notre pays », a-t-il garanti, ajoutant que les préparatifs de sa visite avaient déjà été entrepris. Le gouvernement chinois espère accueillir « bientôt » M. Lindner en Chine, a-t-il souligné.
Dans son interview, M. Lindner a déclaré que le gouvernement chinois avait proposé une autre date pour la réunion de la semaine prochaine, mais qu’il n’était pas possible de l’organiser « dans un délai aussi court ».
À Berlin, M. Qin et Mme Baerbock ont préparé une consultation entre les gouvernements allemand et chinois, prévue pour le mois de juin. La dernière réunion bilatérale de ce type entre plusieurs ministres avait eu lieu en 2021 par vidéoconférence.
Dans un discours prononcé au Parlement européen mardi (9 mai), le chancelier allemand Olaf Scholz du Parti social-démocrate (Parti social démocrate — gauche) a manifesté son soutien à la stratégie de la Commission européenne à l’égard de la Chine, en décrivant la relation comme étant triple : « partenariat, concurrence et rivalité systémique ».
« Pas de découplage, mais une réduction intelligente des risques, telle est la devise », a-t-il affirmé, un point sur lequel la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a également insisté à maintes reprises.