Christine Lagarde pointe la « paresse » des Européens comme un frein au développement
L'aversion que les Européens ont à prendre des risques est largement responsable du déclin économique du continent, a expliqué Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), lors du forum économique mondial de Davos.
L’aversion que les Européens ont à prendre des risques est largement responsable du déclin économique du continent, a expliqué Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), lors du forum économique mondial de Davos.
Pour Christine Lagarde, l’Europe est en partie responsable du malaise économique dans lequel se trouve le continent, et qui s’illustre par la hausse des prix de l’énergie et par la faiblesse de la demande intérieure.
« Nous avons beaucoup d’atouts, mais nous nous tirons souvent une balle dans le pied, parce que nous n’achevons pas le travail que nous avons entrepris », explique-t-elle.
La présidente de la BCE exhorte les dirigeants européens à renforcer le marché unique en supprimant les obstacles au commerce et à l’investissement, alors qu’un « signal d’alarme » est venu de l’étranger.
Christine Lagarde espère ainsi que la réélection de Donald Trump à la présidence des États-Unis va permettre de faire sortir le continent de sa paresse et de sa « bureaucratie ».
Une espérance partagée par le vice-chancelier Robert Habeck, tête de liste des Verts allemands aux élections anticipées de février.
Le retour de Donald Trump « doit apporter un changement », explique-t-il. « Si nous nous disons : “Oh, eh bien, ça [se tasse] et [ensuite, nous] retournons à notre propre paresse… nous avons tout faux ».
Les réformes vont donc se multiplier au niveau européen.
Les responsables de l’Union européenne (UE) semblent en effet s’accorder sur le fait que les actuelles difficultés économiques doivent être dépassées par une réduction des réglementations. Mais la méthode pour appliquer cette théorie diffère, même au sein de ses partisans.
Simplifier, pas déréglementer
« Je dirais que la déréglementation, l’accélération et la réduction de la bureaucratie sont des mesures justes », a continué Robert Habeck. Il existe « de nombreux exemples » de réduction des règles dans le secteur de l’énergie en Allemagne.
Le lobby industriel allemand a été à l’avant-garde des appels à réduire le fardeau réglementaire de l’UE pour les entreprises. Tout comme leurs homologues italiens et français, les patrons allemands ont fait pression pour que le gouvernement de Berlin aborde cette question au niveau européen.
Christine Lagarde a toutefois déclaré que le terme de « simplification » était plus approprié pour décrire ce qui était nécessaire — un clin d’œil au rôle joué par la déréglementation financière dans la période qui a précédé la crise financière de 2008.
« Je pense que les mots ont de l’importance », a-t-elle déclaré. « Nous ne nous dirigeons pas vers un monde de déréglementation généralisée, mais nous envisageons une simplification significative ».
La présidente de la BCE a soutenu l’engagement pris mardi par Ursula von der Leyen de stimuler la compétitivité de l’Europe en approfondissant l’Union des marchés de capitaux, actuellement au point mort.
Selon la Commission, une union financière pourrait débloquer 470 milliards d’euros d’investissements privés supplémentaires par an. Ce qui représente plus de la moitié des 800 milliards d’euros d’investissements annuels recommandés par Mario Draghi, le prédécesseur de Christine Lagarde à la BCE, pour stimuler la compétitivité de l’UE.
La logique est la suivante : encourager les Européens à canaliser leur épargne vers des investissements productifs pourrait les aider à surmonter leur aversion pour la prise de risque.
« Contrairement aux États-Unis, l’acceptation de l’échec n’est pas dans l’ADN de l’Europe. Mais je pense que les choses sont en train de changer et que nous devons accélérer ce changement », affirme Christine Lagarde.
[AB et LG]