Christophe Béchu : le nouveau ministre de la Transition écologique ne fait pas l'unanimité
Christophe Béchu remplace Amélie de Montchalin au ministère de la Transition écologique. Certains observateurs et acteurs de la vie politique se demandent en quoi va consister la « politique écologique concrète » du maire d'Angers.
Christophe Béchu remplace Amélie de Montchalin au ministère de la Transition écologique. Déjà raillé, certains observateurs et acteurs de la vie politique se demandent en quoi va consister la « politique écologique concrète » du maire d’Angers.
L’Élysée annonçait lundi matin (4 juillet) la composition du nouveau gouvernement. L’occasion de reformer le trio composé de la Première ministre, de la ministre de la Transition énergétique et de la ministre de la Transition écologique.
Un proche d’Édouard Philippe
Christophe Béchu, secrétaire général du parti Horizon, proche d’Édouard Philippe, maire d’Angers et ancien ministre délégué aux Collectivités territoriales, remplace ainsi Amélie de Montchalin, sommée de quitter le gouvernement suite à sa défaite aux élections législatives.
Tandis que la ministre déchue félicite « l’écologie du quotidien [et] du concret » de son successeur, d’autres, comme la députée et cadre de la NUPES Sandrine Rousseau, affirment n’avoir « jamais croisé Christophe Béchu sur la moindre lutte écologiste ».
Le nouvel occupant de l’Hôtel de Roquelaure ne fait donc pas l’unanimité.
Sur les questions environnementales, certains observateurs comme Claire Schweitzer, conseillère municipale La France Insoumise (LFI) à Angers, raillent son goût pour l’artificialisation des sols : « sa passion, c’est le béton » ironise-t-elle sur twitter, partageant une série d’échanges houleux entre les deux politiciens.
Pour Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace, le nouveau ministre manque totalement « d’expérience sur les enjeux de transition écologique ».
Il n’a « quasiment jamais pris position sur les questions nationales ou internationales de climat ou d’environnement » ajoute M. Julliard, même lorsqu’il était sénateur UMP de 2011 à 2017.
Son passage au Palais du Luxembourg lui a tout de même permis de prendre deux positions controversées en matière climatique : l’une contre l’interdiction des néonicotinoïdes et l’autre pour la prolongation de la durée de vie des réacteurs nucléaires.
Enfin, comme un symbole, la Transition écologique est rétrogradée de la 5e à la 10e place dans l’ordre protocolaire d’annonce du nouveau gouvernement.
« L’écologie n’est pas de droite ou de gauche »
Mais le nouveau ministre s’est défendu d’emblée lors de la cérémonie de passation. S’il reconnaît volontiers qu’il n’est pas un « théoricien » de l’environnement, il note que « dans [sa] communauté urbaine, l’écologie n’est pas de droite ou de gauche ».
Contre les agitateurs, il annonce ainsi que « si quelques-uns braquent tous les autres, l’impact, nous le connaissons collectivement »
Christophe Béchu revendique défendre « une politique écologique concrète et adaptée aux territoires ».
Rappelons que le dernier rapport du Haut conseil pour le climat publié jeudi dernier (30 juin) pointe l’absence « de mise en cohérence stratégique et temporelle entre l’action de l’État et celle des échelons territoriaux, ni de coordination de la planification entre les régions ».
« La smart city la plus aboutie de France »
Enfin, « les chantiers ici ne manquent pas » avance-t-il lors de son discours, répétant l’importance du duo formé par son ministère et celui de la Transition énergétique, où a été confirmée Agnès Pannier-Runacher, sous l’autorité de la Première ministre, chargée de la « planification écologique ».
Par ailleurs, celui qui, en 2014, prenait Angers aux socialistes après 37 ans de règne, se vante d’avoir fait de sa ville « la smart city la plus aboutie en France ».
Comme un symbole, en 2018, Édouard Philippe alors Premier ministre, avait décidé d’y présenter le nouveau plan vélo et mobilités actives.
En outre, Angers développe actuellement un projet de forêt urbaine, avec pour objectif de planter 150 000 arbres d’ici à 2025. Elle est ainsi numéro 1 du classement des villes les plus vertes de l’Observatoire des villes vertes créé par l’Union Nationale des Entreprises du Paysage et Hortis et l’association regroupant les responsables de la nature en ville.