Clinton à Bruxelles pour ouvrir une nouvelle ère des relations avec les alliés [FR]

Aujourd’hui (5 mars), la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, devrait soutenir la reprise des relations officielles avec la Russie. Washington et ses alliés veulent en effet s’unir en un vaste front dans la lutte contre les militants afghans et d’autres menaces.

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Aujourd’hui (5 mars), la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, devrait soutenir la reprise des relations officielles avec la Russie. Washington et ses alliés veulent en effet s’unir en un vaste front dans la lutte contre les militants afghans et d’autres menaces.

L’administration Bush a provoqué l’interruption du dialogue officiel de l’OTAN avec Moscou à la suite de l’invasion russe en Géorgie en août dernier, mais l’équipe du président Barack Obama a clairement fait savoir qu’elle souhaitait ouvrir une nouvelle page dans les relations avec le Kremlin. 

Tout en soulignant que des inquiétudes demeurent par rapport aux actions russes, les représentants des Etats-Unis et de l’OTAN ont mis l’accent sur leurs intérêts communs, notamment la lutte contre le militantisme islamique en Afghanistan et ailleurs, et les préoccupations au sujet des ambitions nucléaires de l’Iran. 

Un représentant américain de haut niveau a indiqué que la rencontre des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN, à laquelle participera Mme Clinton lors de cette première visite en Europe en tant que secrétaire d’Etat, pourrait décider de la reprise des relations officielles avec la Russie. 

Je m’attends à un accord des volontés, il ne s’agira pas d’une décision officielle, mais elle jouera son rôle avec le temps, a-t-il indiqué, ajoutant que la première étape serait de reprendre les rencontres de prise de décision du Conseil conjoint permanent Russie-OTAN (COR). 

Lors de la réunion de l’OTAN, Mme Clinton présentera les avancements de l’équipe Obama par rapport à la révision de la stratégie en Afghanistan. Elle demandera aux alliés quelle est, selon eux, la meilleure manière de gérer l’aggravation de l’insurrection talibane plus de sept ans après l’intervention internationale. 

Washington espère transformer la vague d’enthousiasme pour M. Obama en Europe en augmentation de l’aide pratique à l’Afghanistan, de la part de l’OTAN et d’autres régions.

La Russie autorise un convoi de ravitaillement américain

La Russie a donné le ton à un renouveau en autorisant cette semaine le transit via la Russie d’un avion de ravitaillement pour les forces américaines en Afghanistan. Quant à l’OTAN, elle est prête à étendre cette coopération. 

Il y a des questions par rapport auxquelles l’OTAN et la Russie doivent s’engager davantage, notamment l’Afghanistan et le terrorisme, a déclaré James Appathurai, porte-parole de l’OTAN. 

Selon l’agence de presse russe Ria Novosti, l’ambassadeur russe auprès de l’OTAN, Dmitry Rogozin, aurait déclaré que la période de division dans les relations Russie-OTAN appartenait au passé. 

Il a indiqué qu’une rencontre diplomatique officielle du COR ce mois-ci pourrait conduire à une réunion des ministres de la Défense ou des ministres des Affaires étrangères en mai ou juin. 

En vue de sa rencontre à Bruxelles, elle a indiqué que Washington et l’OTAN souhaitaient débattre d’une série de questions avec la Russie. Selon elle, il est possible que les deux parties découvriront un grand potentiel de coopération dans certains domaines. Elle a déclaré que Washington souhaitait faire avancer les discussions avec Moscou sur le bouclier de défense en Europe, auquel Moscou s’oppose, et a répété que ce bouclier n’était pas dirigé contre la Russie mais visait à dissuader l’Iran. 

Mme Clinton, qui espère adoucir le ton des relations américano-russes, se rendra à sa première réunion avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, ce vendredi à Genève. La défense antimissile et le contrôle des armes stratégiques seront les thèmes principaux de la rencontre.  

Elle a déclaré que les deux pouvoirs devaient travailler de concert pour contrer ce que l’Ouest considère comme les projets de Téhéran de se doter d’une arme nucléaire.

Washington et l’OTAN ont déclaré qu’ils n’oubliaient les problèmes avec Moscou et ne reconnaîtront pas les sphères d’influence russes, ou l’indépendance des régions séparatistes russes en Géorgie. 

Washington a indiqué que les pays européens avaient le droit de demander leur adhésion aux alliances telles que celle de l’OTAN, faisant référence aux anciens Etats soviétiques d’Ukraine et de Géorgie, auxquels elle a été promise, ce qui a fait enrager Moscou. 

Nous allons être confrontés à des différends, a prévenu Mme Clinton. Nous camperons sur nos positions, et ils feront de même, mais nous essaierons de coopérer autant que possible, a-t-elle conclu. 

 (EURACTIV avec Reuters. Ce texte a été traduit de l’anglais par EURACTIV).