CO2 : la Commission renvoie l'industrie automobile allemande dans ses buts [FR]

Le 29 janvier 2007, la Commission a rejeté les allégations de la puissante industrie automobile allemande selon lesquelles le projet de législation sur les émissions de CO2 produites par les véhicules entraînerait de nombreuses pertes d'emplois.

Le 29 janvier 2007, la Commission a rejeté les allégations de la puissante industrie automobile allemande selon lesquelles le projet de législation sur les émissions de CO2 produites par les véhicules entraînerait de nombreuses pertes d’emplois.

Le porte-parole de la Commission, Johannes Laitenberger, a rejeté les arguments selon lesquels les projets européens de limitation du CO2 émis par les véhicules seraient « techniquement irréalisables » et mettraient en danger l’avenir des constructeurs et fournisseurs automobiles en Europe.

La Commission a annoncé son intention de faire passer le seuil des émissions de gaz produites par les véhicules, actuellement de 162g/km, à 120g/km d’ici 2012. Les PDG de Volkswagen, Daimler-Chrysler et BMW, ainsi que les responsables des bureaux européens de Ford et General Motors ont alors adressé une lettre en date du 26 janvier 2007 pour dénoncer ce projet.

L’Allemagne, fief de marques très performantes comme BMW, Audi et Mercedes, qui produisent beaucoup plus d’émissions de CO2 que la moyenne, aurait potentiellement le plus à perdre à l’imposition d’un tel plafond officiel.

Selon les constructeurs, cet objectif « pourrait directement donner lieu à de nombreuses suppressions d’emploi au sein des constructeurs automobiles et des fournisseurs industriels allemands, ainsi que dans d’autres centres de production en Europe ». Le ministre allemand de l’économie, Michael Glos, en convient également : « Ces projets… doivent être rapidement stoppés. Il en va de dizaines de milliers d’emplois ».

Toutefois, Johannes Laitenberger a rejeté ces allégations, estimant que le meilleur moyen de préserver la compétitivité de l’industrie automobile européenne était de « prendre de l’avance et de ne pas faire l’autruche. Nous avons clairement établi qu’une législation était nécessaire pour atteindre l’objectif fixé par la Commission et l’industrie automobile de passer à 120g/km d’ici 2012 ».

Néanmoins, des divisions internes à la Commission, entre le commmissaire à l’environnement, Stavros Dimas, et son homologue responsable de l’industrie, Günter Verheugen, ont retardé la publication de ces propositions la semaine dernière (EURACTIV 23/01/07). Johannes Laitenberger a indiqué qu’il était actuellement question du champ d’application exact de cette législation, sans préciser à quel moment la Commission présenterait ces propositions : « Nous n’agissons pas sous la pression d’un jour ou deux, ou d’une semaine ou deux, mais nous souhaitons surtout faire les choses comme il se doit ».