CoFoE : les citoyens demandent une adaptation de la législation à la numérisation, aux futures pandémies et aux guerres

Préparer les écoles aux pandémies et aux guerres, lutter contre la cybercriminalité et la désinformation, familiariser la société à la numérisation : voici quelques-unes des recommandations approuvées par la CoFoE qui s’est réunie fin février à Dublin.

EURACTIV.com
Conference on the Future of Europe [15161]
Conférence sur l’avenir de l’Europe - Panel 1 « Une économie plus forte, justice sociale, emplois, éducation, culture, sport, transformation numérique » qui s’est réuni à Dublin. [Parlement européen]

Préparer les écoles aux pandémies et aux guerres, lutter contre la cybercriminalité et la désinformation, familiariser la société à la numérisation : voici quelques-unes des recommandations approuvées par la Conférence sur l’avenir de l’Europe (CoFoE) qui s’est réunie fin février à Dublin.

Au total, 48 recommandations ont été proposées et approuvées par les participants au premier exercice de démocratie délibérative de l’UE, qui vise à impliquer les citoyens européens dans l’élaboration des politiques européennes.

Lors du panel organisé dans la capitale irlandaise, les participants ont abordé de nombreux sujets, tels que l’économie, la justice sociale, l’emploi, l’éducation, la culture, la jeunesse ou encore le sport.

En raison de cette diversité des sujets abordés, les recommandations approuvées comprennent des thèmes que l’on n’aurait pas l’habitude de regrouper, comme la légalisation de l’euthanasie, la fixation d’un salaire minimum et la démocratisation du numérique.

Une tendance qui s’est dégagée est le désir de mettre à jour la législation existante pour qu’elle soit pertinente dans le monde d’aujourd’hui ainsi que celui de s’adapter aux changements qui ont eu lieu dans la société au cours des deux dernières années.

L’éducation à l’ordre du jour

Plusieurs recommandations portent sur l’éducation, notamment une demande visant à mieux intégrer les programmes nationaux à ceux de l’UE et à préparer les jeunes générations à la nouvelle réalité.

Par exemple, ils proposent de sensibiliser les élèves aux fake news et aux dangers d’Internet, ou encore à l’importance de la santé et à son lien avec l’environnement.

Les citoyens estiment que l’éducation devrait être plus internationalisée et inclure l’enseignement de l’anglais, la promotion de programmes d’échange et l’élaboration d’un CV standardisé.

Ils souhaitent également que les écoles soient dotées de plans pour faire face à un large éventail de situations d’urgence, comme par exemple l’établissement de règles pour le smart working — une conception selon laquelle le travail est organisé par phases, cycles et objectifs et sans contrainte d’horaire ou de lieu, avec la possibilité d’utiliser des outils technologiques pour travailler — et les cours en ligne en cas de guerre ou de pandémie.

Les citoyens sont aussi particulièrement préoccupés par l’énergie. D’une part, ils encouragent l’augmentation des investissements dans la recherche sur les énergies et les matériaux renouvelables. D’autre part, ils considèrent le caractère abordable de l’énergie et son accessibilité comme un droit de l’homme.

Un autre élément qui a également influencé la délibération des citoyens est l’invasion de l’Ukraine par la Russie, puisque le panel a débuté 24 heures seulement après le début de la guerre.

Pour cette raison, comme cela a été rapporté par EURACTIV, les panélistes ont organisé un flash mob en soutien à l’Ukraine.

La guerre en Ukraine a probablement joué un rôle moteur dans la formulation des recommandations demandant une harmonisation de la lutte contre la cybercriminalité et les fake news, ainsi que celles concernant la protection des données.

Les panélistes ont bien compris que la toile pouvait être un puissant outil de guerre, et que cet outil était souvent utilisé, même par des gouvernements.

Avec le panel consacré à l’UE dans le monde et aux migrations, ce panel a discuté de ses recommandations avec la plénière de la Conférence les 11 et 12 mars à Strasbourg.

La plénière de la Conférence réunit 198 représentants du Parlement européen, 54 du Conseil, trois de la Commission, 108 des parlements nationaux et 108 citoyens.

La réunion de clôture de cet exercice démocratique aura lieu le 9 mai. Au cours de cette dernière, les institutions prendront officiellement le « flambeau » pour assurer le suivi des propositions formulées par les citoyens.

Comme l’a déjà rapporté EURACTIV précédemment, les institutions européennes n’ont pas encore établi de méthodologie pour le suivi de ces recommandations.

Toutefois, le coprésident de la Conférence, Guy Verhofstadt, a confié à EURACTIV que les institutions prévoient d’organiser une réunion avec les citoyens pour expliquer comment leurs recommandations seront éventuellement mises en œuvre.

Les institutions tentent, après avoir tardé, de créer un processus visant à les rendre plus responsables envers les citoyens qui ont pris part à cet exercice de démocratie européenne.