Bruxelles propose un plan de relance historique de 750 milliards d'euros

La Commission européenne a proposé un plan de relance budgétaire sans précédent de 750 milliards d'euros, constitué essentiellement de subventions non remboursables, afin de permettre à l’Union de surmonter la récession la plus grave de son histoire.

EURACTIV.com
Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. [<a href="https://multimedia.europarl.europa.eu/en/ep-plenary-session-joint-debate-conclusions-of-extraordinary-european-council-meeting-of-23-april-20_20200513_EP-102498B_00288_p" target="_blank" rel="noopener">[Danina Le Lardic/European Parliament]</a>]

La Commission européenne a proposé un plan de relance budgétaire sans précédent de 750 milliards d’euros, constitué essentiellement de subventions non remboursables, afin de permettre à l’Union de surmonter la récession la plus grave de son histoire.

« La Commission propose un fonds de relance de 750 milliards d’euros qui vient s’ajouter aux instruments communs déjà lancés. Un tournant européen pour faire face à une crise sans précédent », a révélé le commissaire à l’économie Paolo Gentiloni dans un tweet.

Dans l’après-midi du 27 mai, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, a présenté au Parlement européen les détails du cadre financier pluriannuel (CFP) actualisé et de son nouveau fonds de relance. Ils avaient auparavant reçu la bénédiction du collège des commissaires.

Le fonds de relance sera constitué de 500 milliards d’euros qui seront octroyés aux États membres sous forme de subventions, et de 250 milliards d’euros supplémentaires qui seront accordés sous forme de prêts à des conditions favorables.

Il s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle proposition de CFP, le budget à long terme de l’UE pour la période 2021-2027, qui a également été présenté mercredi. Il ajoutera 1000 milliards d’euros supplémentaires aux dépenses de l’Union.

L’ampleur du fonds de relance sera conforme à ce qui figurait dans la proposition franco-allemande. Celle-ci avait été saluée par les pays durement touchés, comme l’Espagne.

Mais certains États membres du Nord ont déjà fait savoir qu’ils refusaient de mettre un volume de subventions aussi conséquent à la disposition des économies en difficulté.

Les pays de l’UE devraient se mettre d’accord sur les principales caractéristiques du plan de relance d’ici à l’été, a indiqué Mario Centeno, le président de l’Eurogroupe, afin que le dispositif puisse être opérationnel le 1er janvier 2021.

Le fonds de relance de 750 milliards d’euros (environ 5,3 % du PIB de l’UE) permettra de faire face à un ralentissement qui devrait atteindre -7,4 % du PIB de l’UE cette année. En 2009, la pire année de la Grande Récession, la baisse enregistrée était de 4,3 %.

Mais les ressources mises à disposition aujourd’hui dépasseront de loin les mesures de relance qui avaient été prévues par la Commission pour sortir de la crise de 2008-2010.

Le « plan européen de relance économique » de la Commission présenté à l’époque proposait un effort conjoint de l’UE et des États membres de 200 milliards d’euros (1,5 % du PIB de l’UE).

Le fonds de relance d’Ursula von der Leyen viendra quant à lui s’ajouter aux mesures de relance nationales et au plan européen de 540 milliards d’euros de liquidités.

Afin de bénéficier de ces fonds, la Commission a déclaré la semaine dernière que les États membres devraient présenter des plans de réforme et d’investissement en accord avec les priorités de l’UE et les recommandations spécifiques à chaque pays émises par l’exécutif de l’UE.