Condamnation d'Olivier Vandecasteele : la ministre belge des Affaires étrangères a rencontré son homologue iranien

La ministre belge des Affaires étrangères Hadja Lahbib a rencontré son homologue iranien Hossein Amir-Abdollahian lundi pour discuter d'Olivier Vandecasteele, détenu en Iran et condamné à 40 ans de prison et 74 coups de fouet.

Euractiv.com
Rally in support of Belgian aid worker detained in Iran
En janvier, Olivier Vandecasteele — travailleur humanitaire belge détenu dans des conditions difficiles depuis un an — a été condamné à 74 coups de fouet et 40 ans de prison pour espionnage et atteinte à la sécurité nationale. [EPA/STEPHANIE LECOCQ]

Lundi (27 février), la ministre belge des Affaires étrangères Hadja Lahbib a rencontré son homologue iranien Hossein Amir-Abdollahian, notamment pour discuter du Belge Olivier Vandecasteele détenu en Iran et condamné à 40 ans de prison et 74 coups de fouet.

En janvier dernier, Olivier Vandecasteele — travailleur humanitaire belge détenu dans des conditions difficiles depuis un an — a été condamné à 74 coups de fouet et 40 ans de prison pour espionnage et atteinte à la sécurité nationale.

En marge du Conseil des droits de l’homme des Nations unies lundi à Genève, Mme Lahbib a rencontré M. Amir-Abdollahian pour discuter, entre autres, de la situation du travailleur humanitaire belge écroué.

Cette condamnation a été vivement dénoncée par le Parlement européen dans une résolution sur la réponse de l’UE aux manifestations et aux exécutions en Iran, qui fait mention de « “faits d’espionnage” fabriqués de toutes pièces » et du « recours cynique de la République islamique à la diplomatie des otages pour obtenir la libération du terroriste condamné Asadollah Assadi ».

 

Traité de transfèrement

« Olivier Vandecasteele doit être réuni avec sa famille sans délai. Sa détention arbitraire, dans des conditions inhumaines, doit prendre fin », a indiqué M. Lahbib sur Twitter après la rencontre.

L’année dernière, la Belgique a négocié un accord d’échange de prisonniers avec l’Iran, qui prévoyait le rapatriement de M. Vandecasteele en Belgique en échange d’Assadolah Assadi — un diplomate iranien condamné pour un projet d’attentat à la bombe qui devait avoir lieu en France, à Villepinte, lors d’un rassemblement du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), une faction de l’opposition iranienne à l’étranger.

Toutefois, la Cour constitutionnelle belge a suspendu l’accord en décembre dernier, car M. Assadi aurait pu éviter sa peine et être libéré une fois de retour en Iran. L’opposition iranienne — qui est à l’origine du recours en annulation — avait salué cette décision.

Mais même si certains universitaires, juristes et responsables politiques étaient eux aussi opposés à cet accord de transfèrement au départ, depuis la condamnation de M. Vandecasteele par le régime iranien, la situation a changé et la vie du Belge est à présent clairement en danger. De plus, sa santé se détériore rapidement, selon sa famille.

Le 15 février, les juges de la Cour constitutionnelle ont écouté les plaidoiries des avocats de l’opposition iranienne, de l’ONG britannique Justice for Iran, de la famille d’Olivier Vandecasteele et du gouvernement belge. La Cour devrait déterminer au plus tard le 8 mars si le traité de transfèrement doit être annulé ou non.

Selon plusieurs médias iraniens, durant la rencontre, M. Amir-Abdollahian aurait exprimé la volonté de l’Iran de résoudre le problème lié aux prisonniers des deux pays « dans le cadre de l’accord précédent ».

La « mauvaise interprétation » des Européens

Sur Twitter, Mme Lahbib a également déclaré qu’elle avait discuté des droits humains en Iran et de la « ferme opposition » de la Belgique à la peine de mort.

Selon Quds News, son homologue iranien a pour sa part souligné la « mauvaise interprétation » des récents troubles en Iran par les acteurs européens et a insisté sur le fait que les relations et les questions bilatérales ne devraient pas en être affectées par cela.

Il aurait également mis en avant l’importance de poursuivre le dialogue.

En outre, le ministre iranien aurait présenté à Mme Lahbib la position de la République islamique d’Iran sur la question de l’Ukraine.

Les femmes iraniennes victimes d’une « discrimination persistante »

Lors de son discours à la 52e session du Conseil des droits de l’homme, Mme Lahbib a fait référence à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), à laquelle l’Iran n’a par ailleurs pas adhéré.

« […] Les droits des femmes et des filles sont loin d’être respectés dans de nombreux endroits du monde et par endroit, leur recul est pour le moins inquiétant », a-t-elle déclaré.

Elle a notamment pointé du doigt l’Iran, évoquant la « discrimination persistante dont sont victimes les femmes et les filles » dans le pays et plus particulièrement la mort de Mahsa Amini, qui a entraîné un mouvement de protestation dans tout l’Iran. Pour la ministre belge, ces protestations sont « un indicateur tant du besoin de liberté d’expression que du sentiment d’injustice ressenti par la population ».

« Nous condamnons les emprisonnements, les peines capitales prononcées et exécutées contre les manifestants », a-t-elle ajouté.