Conseil européen : le Premier ministre slovaque prêt à défendre ses positions hétérodoxes sur la politique étrangère de l'UE

Le gouvernement du Premier ministre Robert Fico a été formé juste à temps pour lui permettre de participer au sommet du Conseil européen, qui se concentrera sur le conflit au Moyen-Orient dont il refuse « les plans de destruction de Gaza ».

EURACTIV Slovaquie
Robert Fico appointed as the new Slovak Prime Minister
« Le nouveau gouvernement sera constructif, ne reculera devant aucun défi et mènera une politique étrangère souveraine », a déclaré M. Fico lorsque la présidente Zuzana Čaputová a nommé son cabinet. [[EPA-EFE/JAKUB GAVLAK]]

Le gouvernement du Premier ministre Robert Fico a été formé juste à temps pour lui permettre de participer au sommet du Conseil européen, qui se concentrera sur le conflit au Moyen-Orient dont il refuse « les plans de destruction de Gaza », la guerre en Ukraine et l’immigration.

Les sujets à l’ordre du jour donneront à M. Fico une occasion optimale de montrer sa position, qui, dans la plupart des cas, est contraire à celle de l’Union européenne.

« Le nouveau gouvernement sera constructif, ne reculera devant aucun défi et mènera une politique étrangère souveraine », a déclaré M. Fico lorsque la présidente Zuzana Čaputová a nommé son cabinet.

En ce qui concerne l’Ukraine, M. Fico a promis de cesser d’envoyer des armes, de réévaluer l’efficacité des sanctions de l’UE et de lutter contre la réforme de l’immigration. Dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux la semaine dernière, M. Fico a condamné l’attaque du Hamas contre Israël, mais a ajouté que nous ne pouvions « tolérer la mort de milliers de civils palestiniens, en tant que dommages collatéraux ».

Tout en reconnaissant « le droit des structures politiques et militaires israéliennes à défendre la souveraineté d’Israël » et à prendre « les mesures sévères nécessaires » pour empêcher des attaques similaires, l’accent mis par M. Fico sur les victimes palestiniennes diffère de la rhétorique du Premier ministre tchèque Petr Fiala, qui a rencontré les dirigeants israéliens mercredi et a promis de se battre pour que le Conseil « affirme un soutien sans équivoque à Israël et à son droit à l’autodéfense ».

Le cabinet de M. Fico a été formé après que Mme Čaputová a accepté un candidat suppléant au poste de ministre de l’Environnement. Le candidat initial du Parti national slovaque, Rudolf Huliak, a été rejeté par elle parce qu’il ne croit pas au changement climatique et qu’il a parlé de sa volonté de couper la tête des militants.

Le nouveau chef de l’environnement slovaque sera Tomáš Taraba, un ancien membre du parti d’extrême droite ĽSNS, dont le chef a été condamné pour diffusion de symboles nazis. Au cours de la législature précédente, M. Taraba a tenté de réduire les sanctions pour mauvaise utilisation des fonds de l’UE.

Les activistes affirment que l’approche de M. Taraba en matière de politique environnementale ira à l’encontre de la législation de l’UE et entraînera pour la Slovaquie des procédures d’infraction et d’amendes. Les nationalistes ont refusé l’accès à leur conférence de presse sur la nomination de M. Taraba aux principaux médias, dont Denník N, SME et Aktuality.