COP30 : compromis en vue sur la fin des énergies fossiles et le financement climatique au dernier jour des négociations
À Belém, les négociations de la COP30 entrent dans leur dernière ligne droite, alors qu’un compromis majeur sur la sortie des énergies fossiles, les ambitions climatiques et le financement de l’adaptation au changement climatique se profile.
Les discussions de la COP30 de Belém touchent à leur fin, alors que les délégués tentent d’arracher un accord sur l’abandon progressif des énergies fossiles, le relèvement des ambitions climatiques et un nouveau cadre de financement mondial pour l’adaptation.
« Nous sommes dans la dernière ligne droite », a déclaré jeudi 20 novembre le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors de la conférence climatique annuelle. Ironie du sort : le site même de la COP a dû être évacué dans l’après-midi après un départ de feu, retardant les pourparlers.
Les négociations doivent officiellement s’achever vendredi à 14 heures (heure européenne), mais les COP dépassent régulièrement leur calendrier, et celle-ci ne devrait pas faire exception.
Les délégations s’apprêtent à se pencher sur un projet d’accord brésilien censé trouver un équilibre sur une feuille de route claire pour sortir des énergies fossiles et un objectif chiffré pour le financement de l’adaptation des pays les plus pauvres — deux points très sensibles.
L’accord sur la formulation finale pourrait être bloqué par divers pays qui adoptent une position intransigeante sur ces questions centrales.
Selon plusieurs observateurs, dont Linda Kalcher du think tank Strategic Perspectives, l’approche brésilienne — baptisée décision « Mutirão », terme qui désigne au Brésil une action collective — pourrait faciliter les compromis en « regroupant les sujets dans un ensemble ».
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Plus d’argent
Côté financement, la ligne de l’Union européenne est claire : pas question de rouvrir l’accord conclu l’an dernier visant à porter l’aide climatique mondiale à 300 milliards de dollars.
« Nous pensons que nous ne devons en aucun cas être tentés de le rouvrir », a indiqué mercredi 19 novembre Wopke Hoekstra, commissaire européen au Climat. « L’Europe représente encore environ 30 % de l’ensemble des fonds mis sur la table. C’est plus que notre juste part. »
Les États membres de l’UE se sont largement concentrés sur une nouvelle feuille de route pour sortir des énergies fossiles, qui confirmerait la décision prise lors de la COP28 il y a deux ans de « sortir » du charbon, du pétrole et du gaz. Plus de 80 pays l’ont signée, dont des nations comme la Norvège et le Brésil, qui représentent ensemble 7 % de la production mondiale de pétrole, selon le site d’information Carbon Brief.
Les objectifs climatiques actuellement proposés prévoient une baisse des émissions mondiales de seulement 12 % par rapport à leurs niveaux maximaux d’ici 2035, ce qui signifie que, sans une ambition accrue, la planète est en passe de dépasser les 2 °C de réchauffement climatique, la limite supérieure fixée dans l’Accord de Paris il y a dix ans.
Dans le même temps, les pays en développement réclament 120 milliards d’euros par an aux pays riches pour les aider à s’adapter au réchauffement rapide de la planète. Le niveau de financement que les pays riches accepteront de mettre sur la table pourrait déterminer l’issue de la conférence.
Prochaines COP
La Turquie accueillera la COP31 l’an prochain, après que l’Australie a accepté de se retirer de la course. Dans le compromis trouvé, Canberra assumera néanmoins la présidence des négociations.
En 2027, la COP32 se tiendra en Afrique, l’Éthiopie ayant été désignée pays hôte.