Course contre la montre pour la mise en place de l’espace unique de paiement

Inquiet du retard pris par les PME dans la mise en place de l’espace unique de paiement à l’approche de la date butoir du 1er février 2014, le gouvernement français lance un appel à destination des retardataires. 

EURACTIV.fr

Inquiet du retard pris par les PME dans la mise en place de l’espace unique de paiement à l’approche de la date butoir du 1er février 2014, le gouvernement français lance un appel à destination des retardataires. 

« Les moyens de paiement ne peuvent plus s’envisager à l’échelle nationale »  a affirmé le ministre de l’économie et des finances Pierre Moscovici. Lors d’une conférence de presse au ministère des finances, le gouvernement français a tout particulièrement adressé son appel aux PME. Ces dernières font figure de retardataires dans le processus de transition vers une norme européenne  des moyens de paiement.

L’espace unique de paiement,  désigné par l’acronyme « SEPA »  (Single Euro Payments Area) doit permettre d’effectuer des virements et des prélèvements bancaires dans des conditions identiques dans tous les pays de la zone euro. Payer son loyer en France depuis l’Italie deviendrai ainsi aussi simple qu’un virement bancaire entre Paris et Grenoble. Un avantage également pour les entreprises, qui pourront régler leurs fournisseurs étrangers de manière plus simple et plus rapide.

« Les PME françaises qui ont, ou souhaitent développer des activités dans d’autres pays de la zone euro  n’auront pas à ouvrir un compte bancaire dans chaque pays et gagneront en compétitivité » a détaillé Pierre Moscovici. L’application du délai d’un jour ouvrable entre la réception de l’ordre de virement et le virement réel devrait également permettre de raccourcir les durées des paiements des fournisseurs.

 Les PME retardataires

Reste que le chemin à parcourir est encore long pour convertir les entreprises françaises.  Pour l’heure, 50% des virements en France sont fait au format européen. Quant aux prélèvements, ils sont encore sous la barre des 5%, car la majorité des grandes entreprises ayant recours aux prélèvements bancaires (compagnies de télécommunication, assureurs…) n’ont pas encore opéré la migration.

 « La majorité des grandes entreprises françaises devraient basculer à l’automne, mais pour les PME c’est plus compliqué » reconnaît le ministre. Ces dernières sont encore 57% à ne pas utiliser les normes européennes, selon la  Confédération générale des petites et moyennes entreprises CGPME.

L’inquiétude est réelle, car les entreprises qui n’auront pas basculé aux normes européennes avant le 1er février 2014 verront leurs virements ou prélèvements refusés par les banques.  « Nous sommes à 5 mois de la date butoir et la migration a déjà bien commencé. Il n’est pas trop tard pour finaliser la migration dans les temps. Mais attention, il n’y aura pas de sessions de rattrapage » affirme Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France.

Une date butoir non-extensible

« Nous avons tenté de mobiliser nos entreprises, sans grand succès pour le moment. Aujourd’hui, il y a urgence en la matière » s’alarme Jean-François Roubaud, le président de la CGPME. Du côté du gouvernement on reconnaît l’urgence de la situation mais on se refuse à l’alarmisme «  Il nous reste le temps nécessaire mais il ne faut pas attendre davantage » nuance Pierre Moscovici.

Dans le reste de la zone euro, le chantier de la zone unique de paiement affiche des chiffres plutôt « similaires » à ceux de l’Hexagone, explique Christian Noyer. « Il n’y a pas de panique au niveau des partenaires européen » a par ailleurs certifié le ministre.