Covid-19 : la Belgique veut une réponse européenne commune face aux voyageurs en provenance de Chine
La Belgique a décidé de ne pas rendre les tests PCR obligatoires pour les voyageurs en provenance de Chine, mais elle le fera si une telle demande est étendue à toute l’Union européenne.
La Belgique a décidé de ne pas rendre les tests PCR obligatoires pour les voyageurs en provenance de Chine, mais elle le fera si une telle demande est étendue à toute l’Union européenne.
Plusieurs pays — comme l’Italie, la France, les États-Unis, le Japon ou Israël — ont décidé d’imposer des tests PCR aux voyageurs en provenance de Chine, qui est frappée par une vague de cas de Covid depuis qu’elle a mis fin à sa politique « zéro Covid » le 7 décembre dernier.
Mardi (3 janvier), Pékin a condamné l’imposition de ces tests aux voyageurs en provenance de Chine, qualifiant ces mesures de « discriminatoires » mais aussi de « disproportionnées et tout simplement inacceptables ».
« Nous ne pensons pas que les mesures de restriction d’entrée que certains pays ont prises à l’encontre de la Chine soient basées sur la science. […] Nous rejetons fermement l’utilisation des mesures Covid à des fins politiques et nous prendrons des mesures correspondantes en fonction des différentes situations, sur la base du principe de réciprocité », a déclaré Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
En Belgique, le Risk Management Group s’est réuni lundi (2 janvier) et a conclu qu’une décision commune devait être prise au niveau de l’UE. Si le pays a relevé l’état d’alerte face à la situation, il n’a toutefois pas rendu les tests Covid obligatoires pour les voyageurs en provenance de Chine.
Mesures belges
Le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, a plutôt appelé à une approche européenne commune visant à rendre les tests obligatoires pour entrer sur le territoire de l’Union européenne.
M. Vandenbroucke estime qu’un test Covid obligatoire pour les voyageurs à destination de la Belgique ne serait pas efficace, étant donné la petite taille du pays et le peu de vols directs en provenance de Chine.
« Pour être efficace, nous devons réintroduire le Passenger Locator Form (PLF) pour permettre le suivi des personnes en provenance de Chine », estime le ministre.
La Belgique a cependant pris deux mesures. Tout d’abord, les eaux usées des avions en provenance de Chine atterrissant à l’aéroport de Bruxelles seront collectées et analysées pour détecter les nouveaux variants éventuels qui pourraient éventuellement s’y trouver.
« Comme nous ne sommes pas tout à fait certains des informations que nous recevons de la Chine, nous voulons réaliser un screening nous-mêmes », a expliqué M. Vandenbroucke à la LN24 lundi.
Dans un deuxième temps, les voyageurs revenant de Chine et présentant des symptômes devront effectuer un test PCR ou antigénique qui devra ensuite être envoyé à un laboratoire disposant de la technologie de séquençage génomique.
Discussions au niveau de l’UE
La Suède, qui assure depuis le 1er janvier la présidence du Conseil, a annoncé que les États membres allaient discuter mercredi (4 janvier) d’une approche commune à l’égard des voyageurs en provenance de Chine.
« La présidence cherche une approche commune de l’UE concernant l’introduction éventuelle de conditions d’entrée », a déclaré le ministre suédois de la Santé, Jakob Forssmed, dans un communiqué de presse lundi.
Mardi, Stockholm a annoncé qu’elle avait décidé d’activer le mécanisme de réponse intégrée aux crises politiques (Integrated Political Crisis Response, IPCR) du Conseil, un outil qui permet à l’institution de réagir rapidement en cas de crise.
Mardi également, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a déclaré que les variants circulant en Chine étaient déjà présents dans l’UE et qu’ils « ne posaient donc pas de problème » pour la réponse immunitaire des citoyens de l’UE et de l’Espace économique européen (EEE).
L’agence de l’UE a confirmé que les résidents du bloc ont une immunité et des taux de vaccination relativement élevés et sont donc à même de faire face au virus.
Par ailleurs, l’ECDC avait précédemment qualifié d’« injustifiée » l’imposition d’une telle mesure, soulignant le taux élevé de vaccination en Europe.