En France, des stations-service prises d’assaut souffrent de « tensions » d’approvisionnement
Les stations essence du groupe TotalEnergies souffrent de « tensions » d’approvisionnement en carburant, notamment en raison de la baisse du prix à la pompe et de mouvements de grève dans les raffineries.
Les stations essence du groupe TotalEnergies souffrent de « tensions » d’approvisionnement en carburant, notamment en raison de la baisse du prix à la pompe et de mouvements de grève dans les raffineries.
La ministre de l’Énergie Agnès Pannier-Runacher se voulait rassurante jeudi (6 octobre) sur RTL : « on aura du carburant cet hiver ». Depuis plusieurs jours, une pénurie de carburant frappe de nombreuses stations essence en France.
Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a indiqué, mercredi (5 octobre), que « 12 % des stations rencontrent des difficultés sur au moins un type de carburant ». Ce vendredi, la proportion serait plutôt aux alentours de 15 % au niveau national.
En conséquence, plusieurs heures de file d’attente ont été constatées dans de nombreuses stations d’essence. Certaines ont même été réquisitionnées pour assurer aux services d’urgence et aux professions prioritaires l’accès au carburant, comme le montre cette vidéo.
Le gouvernement explique ces pénuries en premier lieu par les mesures en soutien du pouvoir d’achat, à savoir la baisse du prix du carburant à la pompe.
En effet, l’État a mis en place une remise de 30 centimes d’euro par litre depuis cet été, qui sera réduite à 10 centimes dès le mois de novembre.
TotalEnergies particulièrement exposée
Si TotalEnergies est particulièrement exposée à la pénurie, c’est en raison d’une remise supplémentaire de 20 centimes décidée par le groupe et qui s’ajoute à celle étatique. Au total, les clients d’une station TotalEnergies paient donc 50 centimes en moins chaque litre de carburant consommé, sans condition de revenu.
Aussi en raison de ces prix concurrentiels, la proportion de stations en situation de pénurie est plus élevée dans les territoires français frontaliers. Dans les Hauts-de-France, par exemple, 30 % des stations sont concernées. Dans cette région frontalière de la Belgique, les stocks stratégiques ont été libérés pour assurer le réapprovisionnement, a annoncé la préfecture.
L’approvisionnement des stations-service est également aggravé par les mobilisations sociales en cours dans les raffineries françaises, où les salariés sont ou ont été en grève pour revendiquer des hausses de salaire. Ces mouvements touchent aussi les raffineries d’autres entreprises, comme Esso-ExxonMobil.
Par ailleurs, les syndicats revendiquent 100 % de grévistes parmi les services d’expédition des carburants dans certaines raffineries, ce qui expliquerait en partie l’effet de pénurie dans autant de stations.
Si le gouvernement refuse de parler de « pénurie » et préfère évoquer des « tensions », il recommande malgré tout de privilégier le télétravail pour réduire la consommation de carburant et à ne pas faire le plein, ni de remplir des jerricans, afin que tout le monde puisse disposer de carburant.
Le géant pétrolier français a enfin déclaré au site franceinfo être en train de « réapprovisionner le réseau », qu’il « a constitué des stocks et procède à des imports réguliers ».