Le vaccin russe Spoutnik V, bientôt à Chypre

Le gouvernement chypriote achètera 50 000 doses du vaccin russe Spoutnik V dès qu’il sera approuvé par l’Agence européenne des médicaments (EMA), a déclaré un représentant du gouvernement à Nicosie.

EURACTIV.com
« Il s’agit d’un accord bilatéral qui a déjà été noué il y a quelques semaines », a indiqué le porte-parole du gouvernement Kyriakos Kousios à la radio publique chypriote. [<a href="https://www.shutterstock.com/de/image-photo/moscow-russia-13-december-2020-concept-1873398034" target="_blank" rel="noopener">[Shutterstock/vovidzha]</a>]

Le gouvernement chypriote achètera 50 000 doses du vaccin russe Spoutnik V dès qu’il sera approuvé par l’Agence européenne des médicaments (EMA), a déclaré un représentant du gouvernement à Nicosie.

« Il s’agit d’un accord bilatéral qui a déjà été noué il y a quelques semaines », a indiqué le porte-parole du gouvernement Kyriakos Kousios à la radio publique chypriote.

« Le dossier est entre les mains du ministre de la santé et des représentants ad hoc. Dès que le vaccin sera autorisé, nous procéderons à l’achat prévu », a fait savoir M. Kousios, expliquant que plus de 50 000 doses pourraient être commandées, en fonction des autres livraisons de vaccins.

 Spoutnik V figure dans la procédure d’examen de l’EMA, mais aucune autorisation officielle de mise sur le marché n’a été déposée auprès de l’agence à ce jour.

Le porte-parole de la Commission européenne Stefan De Keersmaecker a réitéré lundi (15 mars) qu’aucune discussion de haut rang n’avait été amorcée entre Bruxelles et Moscou.

Néanmoins, dans un communiqué publié le même jour, le chef du fonds souverain russe (Russian Direct Investment Fund, RDFI) Kirill Dmitriev a déclaré que son organisation avait conclu des accords avec des sociétés italiennes, espagnoles, françaises et allemandes, d’après l’AFP.

Si la Hongrie a déjà acheté des doses du vaccin russe, la République tchèque et la Slovaquie ont également passé commande. Selon les opposants à Spoutnik V, son approbation au sein du bloc serait « une défaite politique majeure » pour l’Europe et donc une « grande victoire diplomatique » pour Vladimir Poutine.

Le vaccin russe suscite des réactions contrastées au sein du navire européen, étant donné que certains États membres remettent en cause les intentions de Moscou.

Selon l’ancien Premier ministre polonais et actuel chef du PPE, Donald Tusk, « la Chine et la Russie veulent s’immiscer au sein du bloc avec leur vaccin pour des raisons politiques, non seulement pour “saper” la réputation de l’Union européenne et de l’Europe, mais aussi pour s’imposer sur les marchés à l’avenir ».

« La Pologne, entre autres, ne devrait pas acheter un vaccin qui n’a pas été testé en vue de l’utiliser pour vacciner sa population », a-t-il mis en garde.

En outre, une grande majorité des Balkans occidentaux a commencé le processus de vaccination avec le Spoutnik. Lors d’une allocution, le président serbe Aleksandar Vučić a soutenu que l’UE avait « délaissé » la région dans sa stratégie vaccinale.

Vers une possible approbation de Spoutnik V  ?

Des sources européennes ont déclaré qu’il était « possible » que l’EMA valide le vaccin russe. « Les négociations pourraient démarrer si au moins quatre États membres en font la demande », ont ajouté les représentants du bloc.

Néanmoins, au vu des vaccins approuvés jusqu’à présent, l’objectif de l’UE visant à vacciner 70 % de la population européenne d’ici à septembre est « encore possible ».

C’était sans compter les retards de livraisons et l’enlisement des relations avec AstraZeneca. La voie se trace-t-elle pour l’approbation de Spoutnik V  ? Affaire à suivre.

« Les considérations politiques n’ont pas leur place dans la santé publique. Nous faisons entièrement confiance à l’examen scientifique de l’EMA », ont conclu les sources.