La géo-ingénierie, un vrai levier contre le réchauffement climatique
La communauté internationale a déjà raté sa chance de limiter à 2 °C le réchauffement climatique, selon des chercheurs suisses. Les technologies de géo-ingénierie pourraient cependant permettre de rattraper ce temps perdu.
La communauté internationale a déjà raté sa chance de limiter à 2 °C le réchauffement climatique, selon des chercheurs suisses. Les technologies de géo-ingénierie pourraient cependant permettre de rattraper ce temps perdu.
Les pays signataires de l’accord de Paris ont accepté de tenter d’empêcher le réchauffement climatique de dépasser les 2 degrés Celsius, afin d’éviter un changement climatique irréversible et dangereux.
Une équipe de chercheurs a cependant confirmé dans le journal Climatic Change qu’il était déjà trop tard pour atteindre cet objectif, selon des recherches menées grâce à une modélisation informatique complexe.
L’équipe suisse a cependant une solution : le captage direct dans l’air. Cette technologie permet de filtrer l’air directement pour en éliminer le CO2, qui sera ensuite réutilisé pour alimenter des végétaux.
Ce processus complet a donc un résultat carbone négatif. C’est pourquoi, selon leur analyse, « limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C n’est possible qu’en mettant en œuvre le captage direct dans l’air », insistent les chercheurs. Même en mettant en place la technologie, le plafond de 1,5 °C sera probablement dépassé, mais elle constitue la seule possibilité d’un jour ramener les températures sous cette limite.
Ce scénario implique cependant la construction d’infrastructures telles que la centrale commerciale de Climeworks AG, près de Zurich. Ouverte en 2017, la centrale a pour objectif d’éliminer environ 900 tonnes de CO2 de l’atmosphère tous les ans. Grâce à des filtres, le gaz est extrait de l’air et dirigé vers des serres, où il bénéficie à la culture de légumes.
Si l’ampleur de l’initiative est limitée – 900 tonnes de CO2 correspondent aux émissions d’environ 200 voitures – Climeworks assure qu’il ne s’agit que d’un premier pas. La société espère à elle seule pouvoir éliminer pas moins de 1 % du CO2 de l’atmosphère grâce à cette méthode.
Les détracteurs de la centrale soulignent qu’il serait moins couteux de perfectionner les technologies existantes de captage du carbone à la source et de faire en sorte que les centrales polluantes émettent moins de CO2. La technologie de captage de l’air est en effet plus chère car le CO2 devient moins concentré une fois émis.
Les chercheurs suisses estiment d’ailleurs que d’autres technologies similaires devraient être développées et qu’une « véritable décarbonisation du système énergétique et une forte réduction de la demande finale en énergie » doivent aller de concert avec l’utilisation du captage direct dans l’air.
Selon eux, les pays devront pleinement adhérer à une « transition totale » vers des sources d’énergie basées sur les énergies renouvelables, l’hydrogène et le captage et stockage du CO2 (CSC).
En juillet, une autre équipe de scientifiques était parvenue à la même conclusion : pour eux, le seul moyen de parvenir à l’objectif de 1,5 °C est la géo-ingénierie. Leurs résultats sont légèrement plus optimistes, puisqu’ils affirment que l’objectif des 2°C est faisable sans la géo-ingénierie.