Début des discussions entre la Serbie et le Kosovo
Les premières discussions directes entre la Serbie et son ancienne province, le Kosovo, qui avait déclaré son indépendance en 2008, ont débuté aujourd'hui (8 mars) à Bruxelles sous la supervision de la haute représentante de l'UE, Catherine Ashton. Un reportage d'EURACTIV Serbie.
Les premières discussions directes entre la Serbie et son ancienne province, le Kosovo, qui avait déclaré son indépendance en 2008, ont débuté aujourd'hui (8 mars) à Bruxelles sous la supervision de la haute représentante de l'UE, Catherine Ashton. Un reportage d'EURACTIV Serbie.
Le dialogue devrait se concentrer sur trois thèmes, à savoir l'Etat de droit, la liberté de mouvement et la coopération régionale, a révélé aux journalistes un éminent fonctionnaire de la Commission qui a préféré conserver l'anonymat.
Ce fonctionnaire a souligné que l'objectif du dialogue entre Belgrade et Pristina était d'améliorer la coopération dans l'ensemble des Balkans occidentaux et de rapprocher cette région de l'UE.
La première série de discussions sera divisée en deux parties et aura lieu les après-midi des 8 et 9 mars.
Les réunions seront organisées dans le bureau de Robert Cooper, conseiller spécial au service européen pour l'action extérieure dirigé par Catherine Ashton. M. Cooper présidera les réunions au nom de l'UE et proposera le programme du jour.
La délégation de Belgrade sera dirigée par Borislav Stefanovi?, le directeur politique du ministère des affaires étrangères serbe et la délégation kosovare sera quant à elle menée par la vice première ministre, Edita Tahiri.
Avant le début des réunions, la responsable des affaires étrangères pour l'UE, Catherine Ashton, fera une déclaration pour assurer son soutien au dialogue entre Belgrade et Pristina et aux objectifs définis, selon des fonctionnaires de la Commission.
M. Stefanovi? a déclaré le 6 mars que les premiers thèmes abordés seraient la télécommunication, le plan cadastral et les voyages aériens, ainsi que les timbres douaniers kosovars qui ne sont pas encore reconnus par la Serbie.
Suite à la résistance de la Serbie, le Kosovo, qui n'est pas membre de l'ONU, n'a pas de code téléphonique et utilise les codes de Monaco et de la Slovénie pour les communications mobiles.
En ce qui concerne les transports aériens, les problèmes sont tout autres. Les avions qui atterrissent à l'aéroport de Pristina ne sont pas autorisés dans l'espace aérien serbe et doivent contourner le pays en passant au sud par la Macédoine, même s'ils se dirigent vers le nord.
La Serbie interdit également l'entrée sur son territoire des voyageurs munis de documents ou de plaques d'immatriculation kosovars. Avant d'entrer en Serbie, les chauffeurs de poids lourds du Kosovo s'arrêtent dans des « no man's lands » pour changer leurs plaques, cacher leurs documents kosovars et préparer ce qu'ils devront présenter aux fonctionnaires serbes.
Le négociateur serbe, Borislav Stefanovi?, a déclaré : « les discussions dureront aussi longtemps que nécessaire, nous tenterons de trouver des solutions aux questions les plus pressantes qui ont un impact sur la vie quotidienne des Serbes au Kosovo ». Il a ajouté que les parties n'avaient pas l'autorité de discuter du statut du Kosovo, selon la chaîne télévisée B92.
La négociatrice du Kosovo, Edita Tahiri, a déclaré que les deux parties discuteraient de questions strictement techniques et non pas de la souveraineté et de l'indépendance du Kosovo qui, a-t-elle dit, est un « sujet clos ».
La presse kosovare a rapporté que le parlement à Pristina avait parlé des discussions avec la Serbie lundi (7 mars), et que les parlementaires étaient profondément divisés sur la question de savoir si ces discussions devraient avoir lieu ou non.