Début des négociations pour former un groupe « conservateur de gauche » au Parlement européen
Un nouveau groupe rassemblant des partis « conservateurs de gauche » pourrait se former au Parlement européen. Des négociations seraient en cours, souligne pour Euractiv République tchèque l’eurodéputé Ondřej Dostál (non-inscrit).
Un nouveau groupe rassemblant des partis « conservateurs de gauche » pourrait se former au Parlement européen. Des négociations seraient en cours, souligne pour Euractiv République tchèque l’eurodéputé Ondřej Dostál (non-inscrit).
« Je suis heureux d’annoncer que nous avons déjà une réunion de coordination prévue mercredi 11 avec les Allemands [et] les Slovaques », a indiqué Ondřej Dostál à Euractiv République tchèque.
Pour l’heure, trois partis non-inscrits formeraient cette nouvelle alliance : les deux eurodéputés tchèques de la coalition Assez ! (Stačilo !), les six du parti de gauche conservatrice de l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW) et les cinq du SMER slovaque.
Ces trois mouvements cherchent à se démarquer de la gauche progressiste, en défendant des valeurs comme les droits des travailleurs, la paix et la stabilité économique.
« Nous n’allons pas encore former un groupe. Nous espérons que cela se fera peut-être d’ici un an, en fonction de l’arrivée de collègues d’autres pays », explique l’eurodéputé tchèque.
« Nous pouvons au moins unir les forces de nos délégations pour les votes, unifier nos prises de positions et initier une collaboration de nos assistants sur certaines questions », ajoute-t-il.
Les règles du Parlement européen exigent que tout groupe politique au sein de l’hémicycle comprenne au moins 25 députés issus de sept États. Ondřej Dostál est convaincu que ce seuil peut être atteint.
Anciennement membre du groupe des Socialistes et Démocrates européens (S&D), le SMER du Premier ministre Robert Fico a vu son adhésion suspendue après avoir formé, en octobre 2023, un gouvernement de coalition avec l’extrême droite du Parti national slovaque (HLAS).
Interrogé sur les autres partis que cette nouvelle formation pourrait attirer, l’eurodéputé tchèque a seulement fait allusion à des partenaires potentiels du « Sud européen ».
Ondřej Dostál est également convaincu que les prochaines élections nationales qui se dérouleront en Europe renforceront le poids des partis politiques conservateurs de gauche, citant les récents succès électoraux du parti de Sahra Wagenknecht (BSW) dans les Länder allemands de Saxe et de Thuringe.
Contre l’immigration et le soutien à l’Ukraine
Les partis qui pourraient se réunir au sein de ce groupe semblent partager des positions communes sur plusieurs dossiers. Sur la question de l’immigration, ils préconisent tous une augmentation des contrôles, comme la BSW qui explique que l’État allemand est débordé par l’afflux d’exilés.
Les mouvements de cette nouvelle alliance préconisent aussi une solution diplomatique à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et s’opposent à la poursuite des livraisons d’armes à Kiev.
Ils se méfient également du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), qu’ils considèrent comme une menace pour les emplois et les industries dépendant des énergies fossiles.
[Édité par Anne-Sophie Gayet et Laurent Geslin]