Déficit commercial de près de 70 milliards d’euros en 2011

Ce mauvais score de la France est en augmentation de plus de 18 milliards par rapport à 2010.

EURACTIV.fr

Ce mauvais score de la France est en augmentation de plus de 18 milliards par rapport à 2010.

La France n’a pas connu d’excédent commercial depuis 2002 et elle s’éloigne chaque année toujours un peu plus de cette perspective.

Le déficit commercial français a battu un record en 2011, atteignant 69,6 milliards d’euros après 51,5 milliards en 2010, selon les chiffres publiés mardi 7 février par les Douanes. Le précédent record de 2008 à 56,2 milliards d’euros est donc très largement dépassé. 

Essoufflement des échanges 

Si les importations ont progressé plus rapidement (+11,7 %, après +14,1 % en 2010) que les exportations (+8,6% après 14,0% en 2010), l’année dernière a toutefois été marquée par un essoufflement des échanges.

Les exportations françaises ont marqué le pas, aussi bien vers ses voisins européens que vers les pays tiers, tandis que les importations ont surtout été dictées par les besoins en approvisionnements énergétiques. Le renchérissement des prix des matières premières a d’ailleurs largement grevé la facture énergétique.

Du côté des ventes, le secteur de l’agroalimentaire et l’industrie du luxe ont été les plus porteurs. Les livraisons aéronautiques et automobiles, qui avaient emmené la reprise en 2010, ont ralenti.

Ventes d’Airbus

Au mois de décembre, le déficit commercial s’est creusé en dépit d’une baisse des exportations. Après -4,14 milliards en novembre, il atteint près de 5 milliards d’euros. Un chiffre toutefois meilleur que prévu, puisque les experts interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur un déficit de 5,3 milliards d’euros.

L’excédent aéronautique a été particulièrement élevé, du fait de livraisons d’Airbus pour un montant de 2,14 milliards d’euros en décembre après 2,25 milliards le mois précédent. En revanche, les ventes dans le secteur manufacturier (automobile, équipement industriel, biens intermédiaires) se sont quelque peu tassées.

La diminution des importations s’explique notamment par un important recul des achats dans l’aéronautique, en particulier depuis l’Allemagne, à mettre en lien avec le programme de fabrication coordonnée d’Airbus. Pour le reste, la baisse des achats de métaux et de machines industrielles a été compensée par une hausse des importations de produits chimiques et des achats dans le secteur de l’habillement-cuir et l’industrie navale.