Démission du gouvernement chypriote : bientôt un renflouement ?

Cédant à la pression de la sphère politique et de la population pour un important remaniement, le gouvernement chypriote a présenté sa démission aujourd'hui (28 juillet), suite à une explosion qui pourrait bien forcer l'île à demander un renflouement de l'UE.

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Cédant à la pression de la sphère politique et de la population pour un important remaniement, le gouvernement chypriote a présenté sa démission aujourd'hui (28 juillet), suite à une explosion qui pourrait bien forcer l'île à demander un renflouement de l'UE.

Stefanos Stefanou, porte-parole du président, Demetris Christofias, a déclaré que celui-ci avait demandé la démission de son gouvernement, composé de 11 membres. Ce dernier restera en place jusqu'au remaniement, qui devrait avoir lieu dans les jours à venir, a-t-il ajouté.

« Le président de la république a prévenu les ministres de son intention de procéder à un important remaniement du gouvernement et leur a demandé de lui présenter leur démission », a dit M Stefanou aux journalistes.

L'administration de centre-gauche de M. Christofias a dû affronter la fureur sans précédent de la population, suite à une explosion qui a eu lieu lorsqu'un cargo de munitions iraniennes confisquées a explosé juste à côté de la plus grande centrale électrique de l'île, tuant 13 personnes.

Les Chypriotes sont descendus dans les rues par milliers pour demander la démission de M. Christofias et de son gouvernement.

Mercredi, Moody's a dégradé la note de Chypre trois crans au-dessus du statut de note spéculative, en raison des retombées budgétaires de l'explosion. Ces craintes s'ajoutent à celles liées à l'exposition de l'île à la dette grecque (voir « Contexte »).

Depuis l'explosion, les marchés ont les yeux rivés sur le pays et pensent qu'il pourrait devenir le quatrième Etat à recevoir un renflouement de l'UE après la Grèce, l'Irlande et le Portugal. De plus, les tensions politiques risquent bien d'entraver la mise en œuvre de réformes économiques plus que nécessaires.

Le gouverneur de la Banque centrale de l'île, Athanasios Orphanides, a prévenu que si des mesures n'étaient pas prises immédiatement, Chypre pourrait être forcée de demander un renflouement.

Certains souhaitent que M. Christofias, un communiste dont le mandat expire en 2013, démissionne, mais cela semble peu probable. En tant que dirigeant de la principale communauté grecque chypriote, il dirige les discussions de réunification avec les Chypriotes turcs afin de conclure un accord de paix qui mettrait fin à des décennies de conflit. L’absence d'un tel accord entraverait la candidature de la Turquie pour son adhésion à l'UE.

EURACTIV avec Reuters – Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet