Des détails sur le rapport du groupe des sages

Alors que la date limite du 9 mai approche à grand pas pour la remise du rapport du groupe des sages sur les défis auxquels l'UE sera confrontée jusqu'en 2030, EURACTIV a pu se faire une idée du travail mystérieux réalisé ces dix huit derniers mois.

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Alors que la date limite du 9 mai approche à grand pas pour la remise du rapport du groupe des sages sur les défis auxquels l'UE sera confrontée jusqu'en 2030, EURACTIV a pu se faire une idée du travail mystérieux réalisé ces dix huit derniers mois.

Après une période initiale d'hésitation sur la façon de communiquer (EURACTIV 22/01/09), Felipe González, le président du groupe de sages, a dit à son équipe qu'il avait choisi la confidentialité, non pas le secret, comme méthode de travail, ont confié des initiés à EURACTIV.

En pratique, peu -voir pas- d'informations sont parvenues des 15 rencontres auxquelles le groupe s'est rendu depuis son lancement en octobre 2008. Pour le moment, M. González a lui-même fait peu de commentaires et a rejeté toutes les demandes d'entretien.

Cependant, alors que la date butoir du groupe pour la présentation d'un rapport de 30 pages sur les défis auxquels l'Europe sera confrontée dans les 20 ans à venir approche, M. González et son équipe devraient réclamer l'attention des médias.

Le rapport, qui doit être présenté le 9 mai pour la journée de l'Europe, sera débattu par les dirigeants de l'UE lors d'un sommet le 17 juin. Le groupe pense aussi organiser une série de rencontres avec un public de l'UE élargi durant cette période.

Pour l'instant, M. González devrait remettre le rapport au président du Conseil de l'UE Herman Van Rompuy le 8 mai à Bruxelles. Les membres du groupe de réflexion devraient auparavant se rendre à une dernière rencontre à Bruxelles le 30 avril et se mettre d'accord sur une stratégie de communication. En effet, M. Herman Van Rompuy a indiqué qu'il souhaitait qu'un message consistant soit délivré à l'audience élargie dans les jours et les semaines qui suivront la journée de l'Europe.

Perdus dans la traduction?

Tous les mois, un ou deux experts ont confié à l'équipe certains sujet sélectionnés. L'un d'entre eux était un officiel de haut niveau des Nations unies pour le changement climatique, et un autre un représentant de la consultance McKinsey.

Les relations de travail n'ont pas été évidentes, d'après des sources proches du groupe. Pour commencer, il s'est avéré que la tenue des rencontres autre part que dans le bâtiment du Conseil de l'UE à Bruxelles n'était pas commode, car une traduction était exigée dans 9 langues.

Les traducteurs étaient nécessaires surtout pour M. González, qui travaille sur une version originale du rapport en Espagnol, pour Lech Wa??sa qui parle seulement sa langue maternelle, le polonais, et Nicole Notat, qui ne parle que français (voir "Contexte"). Et Wolfgang Schuster, le membre allemand du groupe de réflexion, changeait parfois pour la langue de Goethe.

En raison de la cabine de traduction, les rencontres ont conservé un caractère plutôt formel, ce qui a frustré certains membres du groupe de réflexion. Les membres du groupe se sont toutefois réunis de manière informelle autour de déjeuners ou de dîners, et ont parlé informellement, surtout en français et en anglais.

Certains membres du groupe ont eu le sentiment qu'ils avaient besoin de lancer un réseau de grandes idées sur l'arène publique européenne afin de sélectionner les idées les plus prometteuses pour le rapport, ainsi que de formuler des opinions.

Les déjeuners d'"éléphants"

Dans un autre cadre, des hommes politiques influents ont été invités à déjeuner, comme par exemple l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, l'ancien président de la Commission Jacques Delors, l'ancien commissaire Peter Sutherland ou le directeur général de l'OMC Pascal Lamy.

Ces "éléphants" se sont toutefois montrés peu productifs, selon des sources, car la plupart des hommes politiques influents ont délivré leur propre message.

Une autre forme de consultation informelle a eu lieu avec les eurodéputés, de même que les think-tanks, tels que l' European Policy Centre (EPC) basé à Bruxelles, le Centre for European Policy Studies (CEPS), le Mouvement européen, la Trans European Policy Studies Association (TEPSA), l' University Association for Contemporary European Studies and Policy Network basée à Londres, Europaniva basé à Paris et d'autres.

Un rapport orienté vers l'action

Concernant le contenu du rapport, le projet final n'est toujours pas prêt. Diego López Garrido, secrétaire d'Etat espagnol aux affaires de l'UE, a dit en décembre dernier que le rapport serait très provocateur (EURACTIV 09/12/09).

Des initiés ont confié à EURACTIV que le message principal serait que l'Europe doit mettre ses actions en commun ou elle commencera à décliner – ce qui n'est pas très original en soi, ont-ils admis. Le rapport sera toutefois très orienté vers l'action, ont affirmé les sources.

Ce qui semble presque certain, c'est que le mot "fédéralisme" n'apparaîtra pas dans le texte, en raison notamment de la présence de membres britannique et danois dans le groupe.

L'idée de partenariat dans une gouvernance à différents niveaux devrait cependant être développée dans le rapport, une notion qui pourrait être considérée par certains comme un synonyme de fédéralisme.