Infrastructures européennes : l’objectif de 1,5 % de l’OTAN pourrait générer 822 milliards d’euros
Pour atteindre l'objectif de 1,5 %, les pays européens membres de l'OTAN devraient investir environ 320 milliards d'euros chaque année
L’engagement pris par les alliés de l’OTAN de consacrer 1,5 % de leur PIB aux infrastructures liées à la sécurité pourrait générer un effet de levier économique de 822 milliards d’euros par an et créer 4,4 millions d’emplois en Europe, selon une étude réalisée par EY et DekaBank.
« Ces investissements dans les infrastructures liées à la défense auront des retombées économiques significatives et profiteront aux économies nationales dans leur ensemble, car ils peuvent – encore plus que les investissements dans l’armement au sens strict – stimuler fortement l’économie », a déclaré Jan Friedrich Kallmorgen, associé chez EY-Parthenon, dans un communiqué publié vendredi.
L’année dernière, les alliés de l’OTAN ont convenu de porter leur objectif de dépenses de défense à 5 % du PIB d’ici 2035, sous la pression des États-Unis. Sur ces 5 %, 3,5 % doivent être consacrés à la défense proprement dite et 1,5 % à des investissements plus larges liés à la sécurité.
Pour atteindre cet objectif de 1,5 %, les pays européens membres de l’OTAN devraient investir environ 320 milliards d’euros chaque année, ce qui générerait à son tour 822 milliards d’euros de valeur ajoutée – soit un retour sur investissement de 2,51 pour chaque euro investi, selon l’étude.
L’objectif est d’améliorer la mobilité militaire de l’Europe en renforçant les routes, les voies ferrées et les ports d’importance stratégique – afin de pallier d’éventuels goulets d’étranglement – et d’investir dans un réseau électrique et une infrastructure cybernétique plus sûrs.
Cet objectif de 1,5 % est actuellement défini comme un investissement visant à « protéger nos infrastructures critiques, défendre nos réseaux, garantir notre préparation et notre résilience civiles, stimuler l’innovation et renforcer notre base industrielle de défense ».
La nouvelle étude prévoit que ces dépenses profiteront principalement aux entreprises de construction et de logistique, aux sociétés de télécommunications, ainsi qu’au secteur de l’électronique et de l’ingénierie électrique.
Ces investissements pourraient créer 4,4 millions d’emplois à travers l’Europe, dont 1,8 million dans le secteur des infrastructures. Les fournisseurs connaîtraient une hausse similaire du nombre d’emplois, à condition que ces dépenses supplémentaires s’ajoutent aux investissements déjà prévus, précise l’étude.
Les experts en matière de défense ont par le passé critiqué le caractère vague de ce nouvel objectif de dépenses, car il n’existe pas de définition claire de ce qui relève de la résilience et de la préparation.
L’institut suédois de recherche sur la sécurité SIPRI a récemment averti que des définitions floues de ce qui constitue des dépenses de défense pourraient conduire à une « comptabilité créative ».
(at)