Des parlementaires français veulent créer un billet de un euro

Six élus UMP, dont deux députés européens, ont lancé un comité interparlementaire en faveur de la création d’un billet de un euro. Mais le processus est loin d’aboutir.

Six élus UMP, dont deux députés européens, ont lancé un comité interparlementaire en faveur de la création d’un billet de un euro. Mais le processus est loin d’aboutir.

L’initiative du billet de un euro, relancée, lundi 25 janvier, par le député Louis Giscard d’Estaing, est un serpent de mer, dans le débat depuis 2003.

«La plus petite coupure en euros est le billet de cinq euros, c’est-à-dire huit dollars», argue l’élu auvergnat, en affirmant que la création d’un nouveau billet est nécessaire face à l’existence de billet de un dollar. Il souligne que les pièces n’étant jamais acceptées dans les bureaux de change, nombre de voyageurs de la zone euro sont pénalisés. «Le billet de un euro serait très utile dans les nouveaux États membres comme la République tchèque, la Lituanie, la Pologne, la Hongrie…», poursuit pour sa part le député européen Jean-Pierre Audy (UMP-PPE).

Mais la mesure se veut avant tout symbolique. «Ce billet serait un moyen de montrer la valeur de l’euro, car dans les esprits, un billet vaut davantage qu’une pièce», affirme quant à lui Jean-Paul Gauzès, parlementaire européen (UMP-PPE).

Lorsqu’on lui objecte que l’imprimerie de la Banque de France se situe précisément à Chamalières, en beau milieu de sa circonscription, Louis Giscard d’Estaing balaie l’argument d’un revers de main. «Il s’agit d’une démarche européenne, se défend-il. Tous les élus qui soutiennent cette initiative ne sont pas des élus de Chamalières.»

Si les élus affirment vouloir «coordonner» leur action «avant d’aller voir le président de la Banque centrale européenne», le calendrier paraît plus que flou. «La démarche ne doit brûler aucune étape», affirme Louis Giscard d’Estaing, plutôt évasif. Il souhaite que les élus des autres pays européens s’emparent également de cette question, en lien avec le Parlement européen.

Sur le plan européen, «le plus simple serait de déposer une déclaration écrite signée par plus de la moitié des députés européens. Ce ne sera pas une démarche purement française. Il faudra trouver des alliés», estime Jean-Paul Gauzès. En 2005, plus de 300 élus européens avaient déjà signé un texte de ce type demandant la création d’un billet de un euro. Sans grands effets.