Deux commissaires européens s'affrontent sur le futur de la « troïka »
Aux affaires économiques, Olli Rehn défend avec vigueur la troïka de prêteurs internationaux, gage de crédibilité de la zone euro. La vice-présidente de la commission Viviane Reding juge au contraire que ce cadre devait être abandonné.
Aux affaires économiques, Olli Rehn défend avec vigueur la troïka de prêteurs internationaux, gage de crédibilité de la zone euro. La vice-présidente de la commission Viviane Reding juge au contraire que ce cadre devait être abandonné.
La commissaire européenne en charge de la justice, Viviane Reding, a appelé à la dissolution de la troïka. Elle estime que cette structure a fait son temps et que l'UE n'a plus besoin du Fonds monétaire international (FMI) pour résoudre ses problèmes.
La troïka désigne un triumvirat établi pour résoudre des problèmes. Le terme se réfère au départ à un traîneau traditionnel russe tiré par trois chevaux.
Le FMI, la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne composent la troïka, devenue la cible de manifestations. En Grèce, les citoyens ont défilé avec des banderoles où l'on pouvait lire « Unis contre la troïka ! » lors de manifestations contre la suppression d'emploi dans le secteur public en échange d'un programme de renflouement.
Olli Rehn a toutefois rétorqué que les équipes des trois institutions travaillaient bien ensemble, « souvent dans les situations les plus exigeantes ». Le fonctionnement de la troïka sera révisé à l’avenir, a-t-il ajouté.
« La troïka a été constituée à l'initiative des États membres de la zone euro en 2010 comme un instrument essentiel de notre réponse à la crise qu'affrontait la Grèce », a-t-il expliqué.
« Aucune de ces situations n'est facile », a-t-il ajouté, en parlant des programmes que la troïka doit gérer à Chypre, en Grèce, en Irlande et au Portugal. « C'est pour cette raison qu'il est important que nous puissions profiter des compétences conjuguées et complémentaires de ces trois institutions. »
De nombreux Européens estiment que les réductions budgétaires imposées par la troïka ont aggravé la plus longue récession de la zone euro depuis la création de la monnaie unique en 1999.
Des tensions entre les trois institutions ont éclaté au grand jour en juin : le FMI accusait dans un rapport l'Europe d'avoir mal géré le premier renflouement de la Grèce en 2010. Le Fonds affirme que la troïka aurait mieux fait de restructurer la dette grecque au lieu de faire payer les contribuables.
Le commissaire Rehn et le président de la BCE, Mario Draghi, ont rejeté cette analyse. Ils ont affirmé que tout échec à l'époque aurait inquiété les investisseurs, ce qui aurait pu détruire la zone euro.
Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, a également tenté d'apaiser les tensions. Elle a déclaré à la presse que les membres de la troïka entretenaient « une relation très solide, amicale et constructive » dont elle est particulièrement fière.
Olli Rehn a déclaré quant à lui qu'il était disposé à étudier de nouveaux moyens d'optimiser la gouvernance de la zone euro en particulier à partir de 2016. La troïka devrait avoir terminé la gestion du renflouement dont Chypre a bénéficié en mars.