Dissuasion nucléaire : Emmanuel Macron s’attire les foudres de la classe politique française
Emmanuel Macron a fait l’objet de vives critiques de la part de la classe politique française pour avoir proposé un débat ouvert sur une politique de défense européenne commune basée sur la dissuasion nucléaire de la France.
Emmanuel Macron a fait l’objet de vives critiques de la part de la classe politique française pour avoir proposé un débat ouvert sur une politique de défense européenne commune basée sur la dissuasion nucléaire de la France.
Dans une interview publiée samedi (27 avril) par le groupe de presse Ebra, M. Macron a suggéré d’ouvrir un débat sur la possibilité pour la France de défendre l’Europe avec ses armes nucléaires.
La France peut utiliser l’arme nucléaire « quand [ses] intérêts vitaux sont menacés [et] j’ai déjà dit qu’il y a une dimension européenne dans ces intérêts vitaux », a-t-il déclaré.
Emmanuel Macron a ensuite appelé à « ouvrir ce débat » sur les armes nucléaires « pour ceux qui l’ont ou qui disposent sur leur sol de l’arme nucléaire américaine ».
« Ce n’est pas être pro-européen que d’avancer dans cette voie, parce qu’en fait [la proposition de M. Macron] n’a aucun sens », a réagi le candidat de centre droit aux élections européennes François-Xavier Bellamy (Les Républicains, PPE) dimanche dans une interview.
Selon lui, les États membres de l’UE bénéficient déjà de la dissuasion nucléaire française, tandis que la suggestion de M. Macron de « mutualiser la dissuasion [nucléaire] dans sa pratique » est « d’une gravité exceptionnelle », car elle touche « au nerf même de la souveraineté française ».
Marine Le Pen, figure de proue de l’extrême droite (Rassemblement national, ID), a réagi sur X en déclarant que le programme de M. Macron consistait à « déposséder le peuple français de tout ce qu’il a construit ».
En mars, Mme Le Pen avait laissé entendre qu’en tant que présidente, elle ne se plierait pas à la « convoitise de l’UE » concernant l’arsenal nucléaire français et suggérerait « que la dissuasion nucléaire soit inscrite dans la Constitution comme un élément inaliénable de notre souveraineté ».
L’eurodéputé du Rassemblement national Thierry Mariani s’est également exprimé sur X, déclarant que M. Macron était en train de « devenir un danger national » et partageant les craintes qu’après les armes nucléaires, la France pourrait tout aussi bien « brader » à l’UE son siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.
À gauche de l’échiquier politique, le député Bastien Lachaud, spécialiste des questions de défense pour La France Insoumise (LFI), a écrit sur X que « la dissuasion nucléaire ne se partage pas ».
Le groupe parlementaire LFI a ensuite fait part de sa position officielle, déclarant qu’« il est inutile d’aller plus loin que les engagements de solidarité déjà contenus dans les traités de l’Union européenne ».
En revanche, la tête de liste des Verts pour les élections européennes, Marie Toussaint (Écologistes, Verts/ALE), favorable à un « saut fédéral européen », a annoncé sur France 3 qu’elle était favorable à un « partage de cette force qu’est l’arme française, donc le nucléaire aussi ».
[Édité par Anna Martino et Théophane Hartmann]