Divisée, l’Allemagne devrait s’abstenir lors d'un vote sur la fin des moteurs à combustion des véhicules lourds

L’Allemagne s’abstiendra de voter sur une autre loi de l’UE pour le secteur des transports, a confié une source à Euractiv. Le Parti libéral-démocrate allemand (FDP) bloque un accord européen concernant les nouvelles normes CO2 des poids lourds.

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Le ministère fédéral des Transports dirigé par Volker Wissing (FDP) serait opposé à la mesure européenne, a indiqué la source, tandis que le ministère de l’Environnement, dirigé par la ministre écologiste Steffi Lemke (Alliance 90/Les Verts), soutiendrait l’accord. [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

L’Allemagne s’abstiendra de voter sur une autre loi de l’UE pour le secteur des transports, a confié une source à Euractiv. Le Parti libéral-démocrate allemand (FDP) bloque un accord européen concernant les nouvelles normes CO2 des poids lourds, qui pourrait réduire de manière drastique le nombre de camions diesel.

Après avoir trouvé un accord avec le Parlement européen, les représentants des États membres souhaitent voter mercredi (7 février) sur les nouvelles normes CO2 des véhicules lourds, tels que les camions et les bus.

Toutefois, il n’est pas certain qu’une majorité se dégage en faveur de la loi au sein du Conseil, car l’Allemagne devrait s’abstenir, ont indiqué des sources de l’industrie automobile.

Selon les règles internes de la coalition tripartite allemande — composée des libéraux du FDP, des Verts et du Parti social-démocrate (SPD) —, si le gouvernement ne parvient pas à trouver une position commune sur une législation européenne, Berlin doit s’abstenir dans son vote au niveau européen.

Le ministère fédéral des Transports dirigé par Volker Wissing (FDP) serait opposé à la mesure européenne, a indiqué la source, tandis que le ministère de l’Environnement, dirigé par la ministre écologiste Steffi Lemke (Alliance 90/Les Verts), soutiendrait l’accord.

Sans l’Allemagne, la majorité nécessaire à la loi dépendra du soutien de l’Italie, car d’autres pays plus petits devraient également s’y opposer.

Plus tôt, Rome avait demandé la mise en place du mécanisme de correction carbone, qui permettrait d’augmenter le nombre de camions à moteur à combustion autorisés sur les routes. Les Italiens estiment que les objectifs verts devraient tenir compte de l’utilisation de carburants alternatifs aux combustibles fossiles.

L’accord provisoire conclu entre les co-législateurs en janvier au terme des négociations interinstitutionnelles (les « trilogues »), prévoit une réduction des émissions moyennes de CO2 des nouveaux camions d’environ 90 % d’ici 2040, avec des objectifs intermédiaires de -45 % d’ici 2030 et de -60 % d’ici 2035.

En vertu du texte, les émissions ne seraient mesurées qu’au niveau du tuyau d’échappement, ce qui signifie que les fabricants devraient vendre principalement des camions électriques ou à hydrogène.

Selon le FDP, cette approche ne permettrait pas une liberté technologique suffisante. Le parti est favorable au maintien des véhicules à moteur à combustion interne qui, selon lui, peuvent fonctionner avec des carburants de synthèse.

« Comme vous le savez, le FDP est favorable à l’ouverture technologique, et nous voulons rendre possible l’utilisation de carburants alternatifs — tous ceux qui sont considérés comme des carburants alternatifs selon la directive [de l’UE] sur les énergies renouvelables — pour les poids lourds », a déclaré l’eurodéputé Jan-Christoph Oetjen (FDP, Renew Europe) à Euractiv.

« C’est, pour ainsi dire, la ligne du FDP que nous représentons au Parlement [européen] », a-t-il affirmé, ajoutant que la coalition gouvernementale était toujours en négociations internes pour trouver une position commune sur la question.

Un porte-parole du ministère allemand de l’Environnement a confié à Euractiv lundi (5 février) que les points soulevés par l’Allemagne au cours des derniers mois avaient été largement pris en compte et qu’aucun élément allant à l’encontre de la position allemande n’avait été inclus dans le texte.

« Comme le résultat du trilogue correspond au mandat donné par le Conseil, on peut supposer que [le texte] a été approuvé jusqu’à présent », a ajouté le porte-parole.

Olivia Gyapong a contribué à la rédaction de cet article.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]