Donald Trump menace d'imposer 100% de droits de douane à l'Espagne
Donald Trump semble s'être emmêlé les pieds dans le tapis en désignant l'Espagne comme un membre des BRICS, ce qui ne l'a pas empêché de menacer d'imposer des droits de douane de 100 % contre Madrid, accusé de ne pas suffisamment contribuer à l'OTAN.
Donald Trump semble s’être emmêlé les pieds dans le tapis en désignant l’Espagne comme un membre des BRICS, ce qui ne l’a pas empêché de menacer d’imposer des droits de douane de 100 % contre Madrid, accusé de ne pas suffisamment contribuer à l’OTAN.
Questionné sur le cas des pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) qui ne respecteraient pas l’objectif de consacrer 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) aux dépenses de défense, Donald Trump a répondu, peu de temps après son investiture, que la contribution de l’Espagne était « très faible ».
Il a ajouté que, si les pays des BRICS comptaient manquer cet objectif, les États-Unis imposeraient « au moins un droit de douane de 100 % sur le commerce qu’ils réalisent avec les États-Unis ».
Confondant manifestement l’Espagne avec un membre des BRICS — une organisation intergouvernementale qui comprend le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud et cinq autres pays émergents — , le président américain a réaffirmé que des droits de douane étaient bien à l’ordre du jour.
Pour la télévision espagnole RTVE, Donald Trump a probablement pensé que le « S » de Afrique du Sud était le « S » de Spain (Espagne en anglais), tout comme il a semblé supposer que les BRICS sont rattachés à l’OTAN.
Un haut fonctionnaire de l’Union européenne (UE) a confié à Euractiv que la principale crainte est que Donald Trump ne comprenne pas l’Europe et son fonctionnement. Cela contraindrait les Européens à devoir tout expliquer au président des États-Unis, pour éviter qu’il ne prenne des décisions sans en mesurer les conséquences.
L’Espagne est en effet le pays qui dépense le moins parmi les 32 membres de l’OTAN. Avec seulement 1,28 % de son PIB consacrés à la défense, le pays n’atteint pas les 2 %, et encore moins les 4 % exigés par Donald Trump.
Quelque 23 autres membres ont toutefois atteint la barre des 2 %. La Pologne arrive en tête avec un objectif de 4,7 % cette année.
La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles (PSOE), a rappelé mardi que l’Espagne était un allié sérieux, fiable, responsable et engagé de l’OTAN. Le pays compte plus de 3 800 militaires en mission de maintien de la paix, ainsi qu’une présence en Lettonie, en Slovaquie, en Roumanie et en Turquie.
Un porte-parole du gouvernement a également rapidement écarté l’erreur commise par Donald Trump sur les BRICS, affirmant que l’Espagne n’en fait pas partie et n’est pas un pays émergent.
Sans viser directement Donald Trump, le porte-parole a ajouté que les États-Unis étaient un partenaire fiable et a souligné que Madrid chercherait à maintenir de bonnes relations avec la nouvelle administration.
Mais le partenaire junior de la coalition au pouvoir, Sumar, n’a pas été aussi mesuré. La ministre du Travail Yolanda Díaz a qualifié Donald Trump de « dangereux » et a déclaré que sa stratégie visait à « anéantir l’ensemble de l’espace européen ».
« Aujourd’hui, le défi repose sur plus d’Europe, plus de démocratie […], plus de droits humains, et une action ferme contre les monopoles numériques et technologiques », a soutenu la ministre.
Les BRICS (aujourd’hui BRICS+) ont été créés pour faire contrepoids au G7. En plus des cinq pays fondateurs, ils comprennent également l’Égypte, l’Éthiopie, l’Indonésie, l’Iran et les Émirats arabes unis. Ensemble, ces pays représentent environ la moitié de la population mondiale.
Certaines critiques affirment que les BRICS affichent des objectifs anti-occidentaux et anti-américains en raison d’initiatives à l’encontre du G7, l’UE et les États-Unis. Le groupe des BRICS envisage par exemple de créer une monnaie alternative au dollar pour faire contrepoids aux géants américain et chinois.
[AB/SN]