Donald Tusk critique la décision de l'Allemagne de renforcer les contrôles à ses frontières
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a vivement critiqué mardi 10 septembre la décision de l’Allemagne de renforcer les contrôles à toutes ses frontières, y compris celle qu’elle partage avec la Pologne.
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a vivement critiqué mardi 10 septembre la décision de l’Allemagne de renforcer les contrôles à toutes ses frontières, y compris celle qu’elle partage avec la Pologne.
L’Allemagne introduira des contrôles à toutes ses frontières terrestres à partir du 16 septembre afin de lutter contre l’immigration irrégulière, a annoncé la ministre de l’Intérieur Nancy Faeser, lundi 9 septembre.
La Pologne, qui borde l’Allemagne à l’est, n’a pas réagi de manière positive à cette annonce.
« Ce type d’action est inacceptable du point de vue polonais », a déclaré Donald Tusk lors d’une conférence de presse à Varsovie mardi 10 septembre.
« C’est la situation politique interne de l’Allemagne qui est à l’origine de ces mesures et non notre politique en matière d’immigration illégale à nos frontières », a ajouté le Premier ministre polonais.
L’Allemagne dispose actuellement d’un gouvernement de coalition d’une fragilité inhabituelle, composé des sociaux-démocrates de centre-gauche, des Verts et des libéraux-démocrates de centre-droit.
L’Allemagne et les neuf pays avec lesquels elle partage des frontières terrestres — la France, le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark, la Pologne, la République tchèque, l’Autriche et la Suisse — font tous partie de l’espace Schengen, où les contrôles de passeports aux frontières ont été officiellement abolis.
Toutefois, les règles de Schengen autorisent les pays à réintroduire temporairement les contrôles de passeports en cas de menace pour la sécurité.
« Ce dont la Pologne a besoin, ce n’est pas d’un renforcement des contrôles à sa frontière, mais d’un renforcement de la participation des États, y compris de l’Allemagne, à la surveillance et à la sécurisation des frontières extérieures de l’Union européenne », a expliqué le Premier ministre, en faisant référence à ses frontières communes avec la Biélorussie, l’Ukraine et l’enclave russe de Kaliningrad.
Les relations entre Berlin et Varsovie étaient déjà tendues avant l’annonce de Nancy Faeser. Le récent refus de la Pologne à la demande de l’Allemagne d’arrêter un citoyen ukrainien vivant sur son territoire et soupçonné d’être impliqué dans la destruction du gazoduc Nord Stream 2 entre l’Allemagne et la Russie a contribué à envenimer les relations.
« Nous demanderons aux autres pays concernés par ces décisions de Berlin dans les prochaines heures de consulter d’urgence tous les voisins de l’État allemand sur l’action à mener au sein de l’Union européenne sur cette question », a également indiqué le Premier ministre polonais.
L’Autriche, également voisine de l’Allemagne, a vu son ministre de l’Intérieur, Gerhard Karner, affirmer aux journalistes que son pays ne reprendrait pas les exilés refoulés par les autorités allemandes à la frontière austro-allemande, selon l’Associated Press.
Pour le Danemark, la « décision ne changerait pas grand-chose à la frontière germano-danoise », a confirmé à Euractiv un porte-parole du ministère de la Justice du pays, ajoutant qu’il y avait déjà des contrôles et des vérifications à la frontière terrestre et maritime entre les deux pays depuis 2016.
Aux Pays-Bas, Geert Wilders, chef du plus grand parti au parlement, le parti nationaliste pour la liberté (PVV, Patriotes pour l’Europe), a déclaré au parlement que les Néerlandais devraient suivre l’exemple de l’Allemagne, rapporte le radiodiffuseur néerlandais NOS.
Quant à la République tchèque, le ministre de l’Intérieur Vít Rakušan a écrit lundi sur X que : « Il s’agit d’une extension des mesures actuelles qui sont en place à la frontière allemande depuis plusieurs mois. Cela ne signifie aucun changement fondamental pour la République tchèque et ses citoyens à l’heure actuelle ».