Élargissement européen : la secrétaire d’État Laurence Boone souhaite un plan d’action d’ici fin 2023

L’UE a jusqu’à la « fin de l’année » pour se mettre d’accord sur une stratégie d’élargissement européen qui puisse assurer l’intégration rapide des pays candidats, sans pour autant mettre en péril l’unité européenne, a expliqué la secrétaire d’État en charge de l’Europe Laurence Boone.

Euractiv France
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La secrétaire d'Etat a estimé qu'il est nécessaire de réfléchir à une intégration « différenciée », afin d’« ancrer » le plus rapidement possible les pays candidats, ou potentiellement candidats, à l'Union européenne. [EPA-EFE/Jakub Kaczmarczyk POLAND OUT]

L’UE a jusqu’à la « fin de l’année » pour se mettre d’accord sur une stratégie d’élargissement européen qui puisse assurer l’intégration rapide des pays candidats, sans pour autant mettre en péril l’unité européenne. C’est en substance ce qu’a répondu Laurence Boone, secrétaire d’État en charge de l’Europe, aux questions d’EURACTIV France à la « Fête de l’Europe » samedi (13 mai).

La secrétaire d’État a estimé qu’il est nécessaire de réfléchir à une intégration « différenciée », afin d’« ancrer » le plus rapidement possible les pays candidats, ou potentiellement candidats, à l’Union européenne.

Après des années pendant lesquelles la stratégie d’élargissement de l’UE a été considérée comme dormante, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les changements géopolitiques majeurs de cette dernière année ont changé la donne.

Face à cette nouvelle réalité, l’UE se doit de trouver un équilibre entre sa « sécurité » et l’accélération des processus d’adhésion, a indiqué Mme Boone.

Une analyse largement partagée par l’eurodéputé et co-panéliste Bernard Guetta, qui appelle à une « évolution considérable » de la gouvernance européenne si le nombre de pays membres passe de 27 à 35.

L’UE « réuni[rait] à terme l’ensemble des pays du continent », mais dans une « union différenciée », a expliqué M. Guetta, faisant référence à la théorie des « cercles concentriques », chère à Jacques Delors.

Une réforme des traités en vue ?

Selon la secrétaire d’État, la communauté politique européenne (CPE), une idée du président français Emmanuel Macron, est le forum adéquat pour aborder la question de l’élargissement, en vue d’un plan d’action européen d’ici la fin de l’année, précisant que « tout reste ouvert ».

Le deuxième sommet de la CPE, qui rassemble les dirigeants de plus de 40 pays européens, devrait avoir lieu le mois prochain (1er juin) à Chișinău, en Moldavie. Cependant, ses membres sont divisés quant à l’objectif du format, beaucoup rejetant l’idée qu’il devienne un substitut à l’élargissement réel de l’UE.

En juin dernier, à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’UE a accordé à l’Ukraine et à la Moldavie le statut de pays candidats, une décision qualifiée d’« historique ».

Depuis lors, certains dirigeants européens, comme le chancelier allemand Olaf Scholz, ont prévenu qu’une nouvelle vague d’élargissement ne pourrait venir qu’à la suite d’une réforme des traités européens. S’adressant au Parlement européen mardi (9 mai), M. Scholz a répété qu’une réforme était une « condition préalable » à tout élargissement.

Il a également plaidé pour que les questions fiscales et de politique étrangère européennes ne soient plus soumises à un vote à l’unanimité, mais passent plutôt par un vote à majorité qualifiée. Un point de vue partagé par Laurence Boone, et qui était à l’ordre du jour des discussions lors de la visite de la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, à Paris les 9-10 mai.

Cependant, « le débat sur une réforme institutionnelle n’est pas un objectif en soi », a déclaré à EURACTIV la représentante de la Commission européenne en France, Valérie Drezet-Humez, en marge de la conférence de samedi.

Elle souhaite plutôt ancrer le débat dans le « pragmatisme et l’empirisme », en cherchant à mettre l’exergue sur les besoins concrets de l’UE pour préparer au mieux une nouvelle vague d’élargissement.

En écho à Mme Boone, Mme Drezet-Humez a affirmé que la CPE s’avérait pertinente dans la mesure où elle répondait à un besoin d’un nouveau forum politique pour aborder les questions et les défis liés à l’élargissement, qui, selon elle, doit désormais se concentrer sur des « projets concrets ».