Elargissement : les pays des Balkans se rappellent au bon souvenir de l'Union [FR]
Les dirigeants des Etats de la région des Balkans estiment qu'en leur fermant la porte, l'UE hypothèquerait durablement l'avenir de leurs pays.
Les dirigeants des Etats de la région des Balkans estiment qu’en leur fermant la porte, l’UE hypothèquerait durablement l’avenir de leurs pays.
Au lendemain de la double victoire du « non » lors des référendums français et néerlandais, les dirigeants de la région des Balkans occidentaux ont souhaité rappeler à l’Union européenne la nature des engagements pris à leur égard. Lors du Conseil européen de Thessalonique, en 2003, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE avaient ainsi affirmé que « l’avenir des Balkans se trouv[ait] au sein de l’Union européenne ». Les choses ont depuis beaucoup changé, le rejet de la Constitution dans deux pays fondateurs de l’Union étant interprété par de nombreux observateurs comme un symptôme du « blues de l’élargissement » ressenti par les opinions de plusieurs Etats membres ; dans un tel contexte, la perspective d’un arrêt du processus d’élargissement est de plus en plus sérieusement envisagée au niveau européen.
De tels développements suscitent l’inquiétude dans les capitales de la région des Balkans : pour le président serbe Boris Tadic, « tous les dossiers difficiles [que nous devons traiter] dans notre région seraient beaucoup plus délicats à résoudre si la perspective d’une adhésion à l’UE devait disparaître. » M. Tadic a souligné que l’adhésion à l’UE était unanimement considérée, au sein d’une région récemment encore en proie à de violents conflits, comme la seule solution politique acceptable à moyen terme. De son côté, le premier ministre bosniaque Adnan Terzic a estimé que tout retard serait « extrêmemement mauvais ».
Cité par le Financial Times, le représentant de l’Union européenne en Bosnie, Lord Ashdown, s’est quant à lui montré très clair : « Quelle que soit la décision prise au sujet de l’Ukraine ou de la Turquie, il n’en demeure pas moins que les Balkans occidentaux font partie intégrante de l’Europe. Il n’est pas dans l’intérêt de l’Europe d’avoir [sur son territoire] un trou noir engendrant conflits et trafics de drogue ».