Élections espagnoles : la droite plie face au refus de Vox de reconnaître l'existence des violences faites aux femmes

À l’approche des élections espagnoles du 23 juillet, les débats de la campagne électorale se sont concentrés sur la manière dont Vox (affilié CRE) et le PP (affilié PPE) abordent les violences sexistes, Vox niant totalement leur existence.

EFE avec EURACTIV.com
shutterstock_1966084492-800×450
Le 16 juin, le leader de la branche valencienne de Vox a affirmé que « la violence de genre n’existe pas, la violence masculine n’existe pas », ce qui a provoqué un tollé dans l’opinion publique. [SHUTTERSTOCK/David Raw]

À l’approche des élections espagnoles du 23 juillet, les débats de la campagne électorale se sont concentrés sur la manière dont le parti d’extrême droite Vox (affilié aux Conservateurs et Réformistes européens) et celui de droite, le Partido popular (PP, Parti populaire européen) abordent le sujet des violences faites aux femmes, Vox niant totalement leur existence et le PP considérant le sujet comme une priorité, tout en le supprimant des accords de coalition.

Le 16 juin, le leader de la branche valencienne de Vox a affirmé que « la violence de genre n’existe pas, la violence masculine n’existe pas », ce qui a provoqué un tollé dans l’opinion publique, entraînant des affrontements politiques centrés sur l’approche de Vox ou du PP à l’égard des violences sexistes.

Cependant, le déni complet de Vox sur les violences sexistes semble l’avoir emporté sur le PP, qui a conclu des accords de coalition avec le parti d’extrême droite dans plusieurs régions et villes du pays. Dans le cas de Valence, notamment, le terme « violence de genre » a été remplacé par « violence intrafamiliale ».

À plusieurs reprises ces derniers jours, le chef du PP, Alberto Núñez Feijóo, a souligné que son parti ne niait pas l’existence du problème.

« La violence liée au genre est une évidence, et il ne faut pas s’inquiéter que l’évidence ne soit pas dans les textes », a déclaré M. Feijóo sur la radio Cadena SER. Il a également affirmé que dans l’accord de coalition de Valence, il n’y a pas une seule virgule qui aille à l’encontre ou remette en question la lutte contre la violence masculine faite aux femmes.

Mardi (20 juin), la dirigeante de la branche régionale du PP en Estrémadure, María Guardiola, a affirmé qu’elle ne conclurait aucun accord avec le parti d’extrême droite Vox, « même si cela devait conduire à répéter les élections ».

« Je ne peux pas entrer au gouvernement avec ceux qui nient les violences faites aux femmes », a-t-elle déclaré.

Les politiques d’égalité à la poubelle

Mais malgré les clarifications de M. Feijóo et la position ferme de Mme Guardiola, le PP et Vox ont tenu leurs promesses d’entraver les politiques d’égalité dans certaines régions ou municipalités où ils gouverneront ensemble.

C’est le cas des conseils municipaux de Burgos, Valladolid, Tolède, Ciudad Real et Orihuela (Alicante), où ils ont supprimé les postes de conseillers à l’égalité, qui seront remplacés par des « conseillers familiaux », conformément aux accords conclus entre les deux partis.

Mardi, la ministre espagnole de l’Éducation, Pilar Alegría, a qualifié de « honteux » le fait que M. Feijóo ait « banni » les violences sexistes dans les jusqu’à présent 187 pactes qu’il a conclu avec Vox et qu’il la « justifie » en la réduisant à l’expression d’un « divorce difficile ». Le vocabulaire employé fait référence à Carlos Flores, un candidat de Vox au gouvernement régional de Valence condamné pour violence à l’encontre de sa femme.

Lundi, Vox a donné un autre signe de son idéologie après que le président du parti d’extrême droite, Santiago Abascal, a rejeté le terme de « violence de genre », qu’il a qualifié de « concept idéologique », selon le radiodiffuseur public RTVE.

Alberto Núñez Feijóo : la faute aux socialistes

Dans un virage stratégique, le chef du PP, M. Feijóo, a assuré mardi qu’il était possible d’éviter davantage de « dégâts » et d’empêcher les « monstres » de Vox d’entrer au gouvernement.

La clé pour éviter Vox est que le PSOE et Sánchez s’abstiennent lors d’un éventuel vote d’investiture si le PP devait remporter les élections du 23 juillet, facilitant ainsi la formation du gouvernement de M. Feijóo sans avoir besoin de l’extrême droite.

« Le Parti socialiste n’a aucun problème à ce que Vox gouverne, ce que le PSOE veut c’est que le PP ne gouverne pas, ne soyons pas naïfs (…) si le PSOE ne veut pas que Vox gouverne, c’est très simple : abstenez-vous », a déclaré le dirigeant du PP à la radio Cadena SER.

[Edité par Théophane Hartmann]